Le vignoble d'Alsace, région viticole française

Il s'étire en une étroite bande sur presque toute la longueur de la région Alsace, entre le massif des Vosges et la plaine du Rhin.

Les vins produits sont essentiellement des blancs (sous les appellations alsace et alsace grand cru), des mousseux (appellation crémant d'Alsace), ainsi que quelques rosés et rouges (appellation alsace). Le vignoble produit également une eau-de-vie, le marc d'Alsace. La réputation de la production vinicole alsacienne s'appuie sur des vins parfois puissants en termes d'arômes, de sucre et d'alcool, notamment le gewurztraminer, le riesling et le pinot gris.

Les cépages

Les Vins d’Alsace proviennent de sept cépages principaux : Sylvaner, Pinot Blanc, Riesling, Muscat, Pinot Gris, Gewurztraminer et Pinot Noir. Toujours présentés dans leur bouteille typique et élancée (la flûte d’Alsace), ils sont obligatoirement embouteillés dans la région de production.

  • Le Sylvaner d’Alsace : c’est un vin léger et frais au goût discret et fruité. Il s’accorde parfaitement avec les poissons, les fruits de mer et la charcuterie
  • Le Pinot Blanc d’Alsace : équilibré et souvent fruité, il offre une légère acidité alliée à des arômes de violette ou d’iris. Très souple, il accompagne la plupart des plats
  • Le Muscat d’Alsace : ce vin sec offre des sensations poivrées, alliées à de puissants arômes de raisins frais et de fruits. Il se déguste en apéritif et se marie parfaitement avec les asperges
  • Le Riesling d’Alsace : vin blanc sec et de caractère, il offre des arômes d’agrumes accompagnés parfois de notes minérales ou florales. Il est parfait pour agrémenter la choucroute, les viandes blanches et les poissons
  • Le Pinot Gris d’Alsace : c’est un vin corsé, rond et équilibré. D’une acidité modérée, il offre des arômes de sous-bois et de fruits jaunes. Il s’accorde parfaitement avec le foie gras, les volailles ou le gibier
  • Le Gewurztraminer d’Alsace : très apprécié pour la richesse de son bouquet, ce vin est corsé et charpenté. Il développe des arômes de miel ou de fruits exotiques et se marie très bien avec les desserts, les fromages et la cuisine exotique. Il est excellent en apéritif
  • Le Pinot Noir d’Alsace : ce cépage permet de produire deux vins différents : le pinot Noir rosé et le Pinot Noir rouge. Le Pinot noir rosé est léger, souple et acidulé. Il évoque des parfums de fruits rouges. Le Pinot noir rouge offre des arômes de cerise ou de fumé. Les deux vins se dégustent accompagnés de viandes rouges, de fromages à croûte fleurie ou de charcuterie.

          Les Appellations d’Origine Contrôlées Alsace

  • Les Vins d'Alsace sont de grands vins blancs aux arômes intenses et frais, pleins de naturel. L'expression pure et vibrante des Vins d'Alsace est profondément liée à leur origine : un climat privilégié, des terroirs d'une exceptionnelle diversité géologique et un savoir-faire vigneron exigeant. Leur large gamme dont les Riesling, Pinot Gris, Gewurztraminer ou Crémants d'Alsace, mais aussi les Grands Crus ou les Vendanges Tardives, permettent des mariages classiques ou étonnants avec toutes sortes de mets, des produits de la mer aux cuisines du monde, des viandes blanches aux fromages et desserts.

    Tous les Vins d’Alsace sont des vins à “Appellation d’Origine Contrôlée”.

    Les vins des AOC “Alsace” et “Alsace Grands Crus” sont toujours présentés dans leur bouteille typique, la flûte d’Alsace. Ils se servent frais mais non glacés, à 8-10°C. Le Crémant d’Alsace se sert frappé, entre 5 et 7°.

    Les AOC Alsace Grands Crus

    Les 51 AOC Alsace Grands Crus couronnent des terroirs exceptionnels, qui apportent aux vins une force expressive et une authenticité particulière. Ces AOC sont soumises aux règles de production les plus strictes du vignoble, certains lieux-dits pouvant par ailleurs choisir de renforcer encore ces règles (Zotzenberg, Altenberg de Bergheim, Kaefferkopf).

    L’étiquette mentionne obligatoirement le millésime, l’un des cinquante et un lieux-dits pouvant bénéficier de l’appellation, et indique généralement le cépage (sauf exceptions le Riesling, le Gewurztraminer, le Pinot Gris et le Muscat).

    Les Grands Crus d’Alsace représentent 4% seulement de l’ensemble de la production des Vins d’Alsace.

    L’AOC Alsace

    C’est la principale AOC d’Alsace (75% de la production totale). L’étiquette mentionne le cépage concerné mais peut également indiquer une marque ou les mentions “Edelzwicker” ou “Gentil” pour un assemblage de cépages blancs.

    Pour les vins présentant une typicité particulière et répondant à un niveau d’exigence supérieur, le nom de l’AOC peut être complété par une dénomination géographique communale ou un nom de lieu-dit.

    L’AOC Crémant d'Alsace

    Elle couronne les Vins d’Alsace effervescents, vifs et délicats, élaborés selon la méthode traditionnelle, principalement à partir du Pinot Blanc, mais aussi du Pinot Gris, du Pinot Noir, du Riesling ou du Chardonnay. Ces vins sont aujourd’hui leaders des Crémants de France et représentent 23% de la production de Vins d’Alsace.

Les types de vins

Appellation les plus prestigieuses

Sylvaner

Le Sylvaner, comme son nom le laisse présager, est un cépage originaire de... transylvanie. Jusqu'en 2005, aucun vin Sylvaner ne bénéficiait de l'appellation Grand Cru. C'est un modeste mais qui gagne à être connu. Selon les terroirs vous serez agréablement surpris par sa qualité... et surtout par son prix.

Le Sylvaner d'Alsace dans votre verre

Une robe claire avec des reflets verts. Tous les signes précurseurs d'une fraîcheur privilégiée à la matière. Le Sylvaner d'Alsace est un vin de soif, léger, désaltérant, délicatement fruité. Il se boit jeune et développe des arômes d'agrumes, de fleur blanche et parfois d'herbe coupée. C'est un vin de petite gamme et une excellente porte d'entrée pour s'initier aux qualités primaires des vins d'Alsace.

Plus loin avec le Sylvaner d'Alsace

Délaissé un temps par des vignerons obnubilés par le prestige des cépages plus nobles, le Sylvaner renaît petit à petit de ses cendres. Des jeunes viticulteurs ont décidé de le remettre au goût du jour. Une plus grande attention, ou plutôt un plus grand amour, pour certains des cultures en bio dynamie, une élaboration soignée et le Sylvaner devient un cru très intéressant à redécouvrir absolument. Le grand public l'ignore mais depuis 2005, le Sylvaner Zotzenberg, et Altenberg de Bergheim ont droit à l'appellation grand cru.

Quels mets pour accompagner le Sylvaner ?

La légèreté du Sylvaner le prédispose à accompagner les plats délicats, tous les coquillages, les poissons. En été, on appréciera sa fraîcheur en compagnie d'une dégustation de charcuterie. Un vin de soif qui réussit parfois à réellement nous étonner.

Le Pinot blanc

Le pinot blanc est un cépage originaire de Bourgogne, muté du pinot gris. Aujourd’hui, il est installé en Alsace où il porte le nom de klevner quand il est assemblé à l’auxerrois. Cépage courant, il entre dans l’encépagement de nombreuses appellations d’Alsace.

Le climat continental qui se traduit par des hivers froids et des étés chauds convient particulièrement au pinot blanc. Il est résistant au gel l’hiver et l’été, les racines puisent dans le sol chaud les minéraux dont elle a besoin. Ses grappes sont composées de petites baies à la peau épaisse et à la pulpe fondante qui produisent des vins fruités, épicés, équilibrés entre l’acidité et l’alcool.

Le pinot blanc est aussi utilisé pour les crémants et les mousseux. Très exploité en Italie où il représente presque 7 000 hectares, le pinot blanc est aussi présent en Allemagne, en Autriche, au Canada et en Afrique du Sud.

Le Muscat

En Alsace, les muscat ottonel (plus répandu) et muscat à petits grains (localement nommé muscat d'Alsace) font partie des cépages nobles bien que ne constituant que 3 % de l'encépagement. En assemblage ou seuls, ils donnent un vin sec, aromatique, muscaté, à boire en apéritif. Lorsqu'ils sont récoltés en vendanges tardives ou en sélection de grains nobles, ils permettent l'élaboration d'excellents vins moelleux voire liquoreux.

Le muscat se marie très bien avec du foie gras. Ces arômes muscatés et de raisin frais l'imposent dans la préparation des cocktails, amuse-gueules, potages, entrées, poissons et crustacés, volailles et viandes, légumes, sauces et desserts.

Le Riesling

Le Riesling d'Alsace dans votre verre

Ce vin blanc est jaune pâle avec des reflets verts. Sa finesse exceptionnelle et sa fraîcheur le rendent digne des amateurs exigeants. Tous les restaurants étoilés en proposent sur leur carte. Son bouquet évoque de subtils arômes fruités (on vous aide : cherchez parmi le citron, pamplemousse, pêche, poire, fruit en compote...) et floraux.

Plus loin avec le Riesling d'Alsace

Le Riesling d'alsace est donc un vin blanc « Sec » construit sur la notion de fraîcheur. Si on le boit jeune, les experts diront « sur le fruit » on sera agréablement surpris par sa vivacité du début à la fin de la dégustation. Un vin, pour paraphraser un homme politique célèbre, droit dans ses bottes. Mais l'Alsacien sait que les bonnes bouteilles (les grands crus par exemple) gagnent à être attendues.

Après cinq ans, le terroir commence à réellement s'exprimer avec de puissants arômes minéraux (pierre à fusil, silex...). Encore plus étonnant et cela peut rebuter le dégustateur non averti le vieux Riesling peut également emprunter des chemins très étranges avec un goût qui rappellera le... pétrole. Sensation forte garantie !

Accord vin/mets : quels aliments pour accompagner un riesling ?

Le Riesling d'Alsace est un roi qui accompagnera parfaitement du poisson, des fruits de mer, de la volaille, de la viande froide et s'en sortira bien avec les plats alsaciens comme la choucroute et le jambon fumé.

Le coin du connaisseur qui veut tutoyer les anges !

Goûtez, au moins une fois dans votre vie, un Riesling d'Alsace « vendanges tardives », ou encore mieux « grains nobles ». Ces vins, sur maturés, sont extraordinaires de complexité. N'imaginez pas une seule seconde un vin doux et sucré, une VT ou un GN digne de ce nom est aux antipodes du sirop pour la toux. C'est une expérience unique qui vous transportera dans un univers harmonieux et habilement incisif. Vin de très longue garde au rapport qualité-prix incroyable... (une trentaine d'euros).

Le Pinot Noir

Le Pinot Noir est le seul cépage de vin rouge autorisé en appellation Alsace. D'origine bourguignonne, il s'adapte bien aux zones tempérées et apprécie particulièrement les sols argilo-calcaires.

Par tradition il est vinifié pour élaborer des vins légers et fruités mais la mode évolue et certains domaines ont décidé de changer la donne. Moins de rendements, donc une plus grande concentration, puis passage en fût de chênes pour s'éloigner définitivement de la réputation de « rosé ».

Le Pinot Noir d'Alsace dans votre verre

Ce vin rouge a une couleur assez claire et possède peu de tanins. C'est un vin léger, sec et délicatement fruité. Des nuances de cerise, de mûre et de framboise. Il se boit frais et remplace avantageusement, selon nous, l'habituel rosé de l'été. C'est un vin simple et sympathique mais ce n'est pas lui faire offense de dire que le vin rouge n'a jamais fait la réputation de l'Alsace.

 Il faut mentionner la nouvelle école qui remet en cause la tradition pour s'approcher des grands frères bourguignons. Cuvaison plus longue, plus de concentration, plus de charpente, plus de puissance et une aptitude accrue au vieillissement. « Faut-il vraiment passer des vins rouges d'Alsace en fût de chênes ? » la question enflamme encore aujourd'hui les bars de commerce.

Plus loin avec le Pinot Noir d'Alsace

Le vin rouge d'Alsace a connu un essor pendant que l'Alsace était allemande. Notre région était la plus septentrionale du pays et donc, selon eux, la plus apte à produire des vins de soleil.

Quels mets pour accompagner le Pinot Noir ?

Viandes blanches, volailles, charcuterie. Le Pinot noir d'Alsace est l'ami des grillades d'été. Son absence d'agressivité le prédispose aussi à accompagner les poissons. Comme un rosé, il apportera aussi une touche de fraîcheur à des plats épicés : tajine, couscous...

Le Gewurztraminer

Le Gewurztraminer donne naissance à des vins fruités, voire corsés, et charpentés en bouche rehaussés par des arômes puissants de fruits exotiques comme la mangue ou le litchi de rose, de miel et d’épices.

Le nom même du cépage annonce les épices puisque le mot Gewurz signifie « épicé » en allemand, le Traminer étant un cépage issu du Tramin au sud du Tyrol autrichien.

Cultivé sur le terroir Alsacien, le Gewurztraminer accompagnera parfaitement l’apéritif,  les cuisines épicées et exotiques, le foie gras mais aussi les fromages corsés, le Munster en tête et les desserts aux fruits.

Il sera d’autant plus élégant, raffiné et riche en Vendanges Tardives ou Sélection de Grains Nobles ou s’expriment tous les arômes intenses et caractéristiques du cépage.

Pinot Gris

Cépage noble, le Pinot Gris d'Alsace bénéficie de l'appellation Grand Cru comme ses frères Muscat, Riesling et Gewurztraminer. Depuis 2007 la commission européenne interdit de l'appeler Tokay Pinot Gris. En échange, nos amis hongrois n'utilisent plus l'appellation Medoc pour certains de leurs vins rouges. Les habitudes sont encore bien ancrées mais les étiquettes sont formelles : le TPG est devenu PG. De toute manière, contrairement aux idées reçues, le plan mère proviendrait de Bourgogne et non des pays de l'Est.

Le Pinot Gris d'Alsace dans votre verre

Ce vin blanc possède une belle robe jaune, voire ambrée. Moins extravagant que le Gewurtz, le Pinot gris d'Alsace se caractérise par sa complexité... discrète. Il gagne à être un peu aéré avant sa dégustation pour révéler tous ses secrets. Ses arômes sont fréquemment « fumés », comprendre de mousse, sous bois, champignons qui peuvent tirer sur le miel, l'abricot sec, le pain d'épice. Sa rondeur, qui peut aller jusqu'à une opulence moelleuse, ne sacrifie jamais à la fraîcheur. Il est apprécié pour le parfait équilibre de sa puissance qui se traduit souvent par une belle longueur en bouche.

Plus loin avec le Pinot Gris d'Alsace

L'Alsacien moderne nourrit une tendresse particulière pour le Pinot Gris. Plus classe que le Pinot blanc, c'est le vin qui plait à tous. Opulent moelleux (attention ! il faut relativiser il reste très vif et ce n'est jamais un Rivesaltes) on aimera le servir à l'apéritif et plongera les convives dans une ambiance aristocratique de bon aloi. Nous sommes aux antipodes de la gouaille joyeuse et charcutière du Sylvaner. Décliné en vendange tardive le temps suspendra son vol et signifiera discrètement à l'invité que l'Alsace tient à lui faire honneur. Vous êtes un veinard... Si, parallèlement, votre hôte vous propose des toasts au foie gras, vous êtes un élu des Dieux...

Quels mets pour accompagner avec le Pinot Gris ?

Le Pinot Gris d'Alsace est assez puissant et élégant pour se marier avec des mets habituellement réservés aux vins rouges. Gibiers, y compris marinés, rôtis, rognons, rien de l'effraye. Comme son collègue Gewurtz il magnifie les saveurs du foie gras, frais et même poêlé. Idem pour les repas sucrés/salés.

Plus traditionnellement, un bæckeofe sans pinot gris est presque inenvisageable....

Klevener

Méconnu du grand public, le Klevener (ne pas confondre avec le Clevner ou Klevner qui est un pinot blanc + auxerrois vinifiés ensemble) est un des plus anciens cépages d'Alsace.

Le Klevener de Heiligenstein

Un morceau d'histoire. Ce cépage est un savagnin rose, donc cousin du Traminer. Il a été supplanté vers 1850 par le désormais célèbre Gewurtztraminer. Vous suivez ? L'ancienne souche a donc disparu. Partout ? Non, dans la région de Heiligenstein il a subsisté. Le décret de 1997 confirme l'aire de production par parcelles à l'intérieur des seules communes de Bourgheim, Gertwiller, Goxwiller, Heiligenstein et Obernai.

Le Klevener de Heiligenstein dans votre verre

Une robe avec des reflets dorés. Le Klevener de Heiligenstein (la Pierre Sainte) est assez velouté et exhale une palette aromatique très complexe (on peut y discerner litchi, pomme, agrume, noix, amande amère, herbe fraîche...). Encore plus étonnant, des notions minérales (pierre à fusil, calcaire) ou des arômes beurrés, de miel, d'épices. Il est assez rond en bouche, tendre, fruité mais il gagne en bouquet d'année en années. Bref, un vin qui exprime le terroir et qui gagne à être attendu quelques temps.

L'histoire du Klevener de Heiligenstein

Le Klevener d'Heiligenstein est mentionné la première fois en 1716. Son petit rendement l'a presque fait disparaître car en 1970 il ne restait que 3 hectares en production. Heureusement, son passage en AOC en 1997 l'a sauvé et de nombreux restaurants gastronomiques le proposent aujourd'hui sur leurs cartes pour le plus grand plaisir des esthètes connaisseurs.

Quels mets pour accompagner le Klevener ?

Compte tenu de sa valeur historique, de sa complexité aromatique (très éloignée néanmoins du vin jaune dont le cépage est un proche cousin mais dont l'élaboration est totalement différente) le Klevener d'Heiligenstein est un passe partout. De l'apéritif au dessert en passant par les poissons ou les plats exotiques, il sera à l'aise. Il est même parfois conseillé de « rester » avec ce vin durant tout le repas en réservant un vieux millésime pour le dessert.

L'Edelzwicker

C'est un vin d'assemblage, il n'y a donc pas d'appellation possible en Grand Cru. Au risque de faire hurler le puriste nous pourrions comparer cette dénomination avec le passetougrain bourguignon.

Il désigne donc un assemblage de cépages blancs de l'AOC Alsace, sans indication de pourcentage ni parfois même de millésime. Les cépages peuvent être vinifiés ensemble... ou séparément. La qualité globale est très variable et le pire peut côtoyer le meilleur. C'est un vin de soif : pas une bête de concours.

L'Edelzwicker d'Alsace dans votre verre

Ce vin blanc a des couleurs variables. C'est normal (vous avez lu la première partie). On ne disserte pas trop longtemps sur un vin de soif. D'autres éléments prennent le dessus : il est vide ou il est plein ? Bien sûr parfois vous aurez de très bonnes surprises gustatives qui dépendront de facteurs variables : la qualité générale du vigneron, son débit à la banque et surtout la gestion des cuves qui le forcera peut-être à sacrifier – pour votre plus grand plaisir - une bonne année...

Plus loin avec l'Edelzwicker d'Alsace

 Historiquement on l'appelait « Zwicker » (assemblage) et on a rajouté le préfix « Edel » (noble) pour marquer la présence de cépages nobles. Lorsque les cépages nobles représentent plus de 50% du volume, le viticulteur peut tenter d'obtenir, après dégustation par une commission, la dénomination plus valorisante de « Gentil ».

Quels mets pour accompagner l'Edelzwicker ?

Un vin simple et facile à boire car il allie généralement fruité et fraîcheur. Il se boit jeune car son potentiel de garde est trop aléatoire. Idéal avec une charcuterie alsacienne, une tarte flambée et d'une manière générale tout plat simple

Le crémant d'Alsace

Le crémant d'Alsace est un vin mousseux d'appellation d'origine contrôlée produit dans tout le vignoble d'Alsace, principalement issu du cépage pinot blanc, mais aussi du pinot gris, du pinot noir, du riesling, de l'auxerrois ou du chardonnay, sans contrainte de proportions.

Sa méthode d'élaboration est identique à celle du champagne. Le crémant d'Alsace rosé, plus rare, est issu du pinot noir. Ses avantages par rapport au champagne sont d'être en général moins cher (en général de 5 à 8 euros la bouteille en 2010) et plus léger. Par contre le crémant d'Alsace se conserve moins longtemps que le champagne (5 ans maximum). Le crémant d'Alsace est devenu le leader incontesté des mousseux français après le champagne. En 2009, 31 millions de bouteilles ont été commercialisées.

Le Crémant d'Alsace est un AOC d'Alsace. Il est pétillant, léger, fruité et élaboré principalement à partir du cépage pinot blanc mais le viticulteur peut, sans contrainte de proportion, l'assembler avec le pinot gris, pinot noir, riesling, auxerrois ou chardonnay à condition qu'ils soient issus de l'aire de production Alsace. Sa méthode d'élaboration est identique à celle du Champagne.

Le Crémant d'Alsace dans votre verre

Le Crémant d'Alsace se sert dans des flûtes à la température de 5 à 7°. Les critères de qualité sont les mêmes que ceux du champagne. Autant dire que, s'agissant parfois d'un assemblage, il y en a pour tous les goûts. On peut se fier, comme pour tout vin mousseux, à la densité et qualité des bulles mais aussi à l'étiquette. Si le cépage est mentionné, la bouteille est élaborée à 100% avec ce raisin. D'autres mentions peuvent préciser Blanc de Blancs, Blanc de Noirs, Brut, Millésimé, Rosé ou Sigillé.

Plus loin avec le Crémant d'Alsace

 S'il est évident qu'il vaut mieux un bon crémant qu'un mauvais champagne nous restons nombreux à penser qu'il se déguste à d'autres occasions. Le crémant d'Alsace est un modeste qui pétillera volontiers lors d'un après-midi entre copains. Il excellera dans la catégorie « à la bonne franquette ». Pour marquer un grand événement avec toute la solennité requise, son collègue champenois (selon les maisons bien sûr) fera toujours la différence, réputation oblige.

Quels mets pour accompagner le Crémant ?

Le crémant se marie bien avec les poissons, pourquoi pas avec tous les plats alsaciens (choucroute) mais la tradition le fera accompagner surtout les apéritifs et les desserts.

Le Kaefferkopf

Le Kaefferkopf a rejoint le club des grands crus alsaciens (JO du 14 janvier 2007). Le comité national de l’Inao a reconnu (enfin) ce terroir d’Ammerschwihr qui devient ainsi le 51e grand cru d’Alsace.

Une production annuelle moyenne de 45 000 hectolitres répartie sur 75 hectares et qui tire sa spécificité du sous-sol pour partie granitique et calcaire. Y sont autorisés le Gewurztraminer, le Riesling, le Pinot gris en cépage pur ou, sous certaines conditions très précises, les assemblages.
Les premières bouteilles de Grand Cru Kaefferkopf sont disponibles à partir du millésime 2007 et commercialisées en juin 2008.

Le vin Bourru

Les sanglots longs des violons de l’automne annoncent souvent un débarquement. Dans notre rubrique pacifiée, ce sera celui du vin bourru, des noix et du lard sur nos tables, près de l’âtre de nos cheminées. A chaque saison ses plaisirs et à chaque génération de perpétuer les traditions. 

 

Voilà un casse-croûte qui devrait ravir les amateurs de rituels et de simplicité. Un pain de campagne, quelques noix, du raisin, du lard paysan frais, et/ou fumé, sans oublier l’indispensable vin bourru alsacien : le Neïa Siessa. Ce type de collation basique et conviviale peut suffire à nourrir une famille mais vous pouvez envisager d’enchaîner avec un menu tout aussi local et automnal. Les alternatives sont très nombreuses.

A la découverte du vin bourru alsacien.

Toutes les régions viticoles sacrifient au rituel du vin bourru. Au moment des vendanges la conscience écologique se réveille et il faut économiser l’eau. Pourquoi boire de l’eau quand on a du vin ? Mais le vin bourru est-il réellement du vin ? Nous allons tenter de répondre scientifiquement à de légitimes interrogations.

Vin bourru, qui es-tu ?

Le vin bourru est un jus de raisin trouble qui commence sa première fermentation. C’est un moût avec ses levures en suspension. Il est plein de gaz et de lies et les vignerons ont l’habitude de le goûter en sortie de pressoir ou au chai pour tenter de juger de la qualité du futur millésime. Cette habitude s’accompagne d’un grignotage de saison, en l’occurrence souvent de fruits secs. Au moment de l’exode rural, les anciens paysans n’ont pas voulu rompre avec ce plaisir et l’offre a suivi la demande. Comme il s’agit d’un produit qui évolue dans le temps, sa commercialisation est forcément limitée et coïncide avec l’époque des vendanges.

C’est quoi une fermentation ?

L’élaboration d’un vin est un processus tellement simple qu’il en devient risible. La grappe de raisin mûre est pleine de sucres naturels et de levures indigènes qui vivent naturellement sur la surface de la peau. Dès que la peau éclate (quand on extrait le jus), la fermentation commence. Exposé aux levures, le sucre se transforme peu à peu en alcool. Pour obtenir du vin, avec cet habile sens du raccourci qui nous caractérise, nous résumerons que le vigneron se contente de rassembler ses raisins et de les fouler avec précaution pour que le jus sucré jaillisse et qu’il soit exposé aux levures. Le premier jus est donc le Neïa Siessa, alcoolisé entre 1 et 3°. S’il attend assez longtemps il obtient du Alta Siessa, voire, s’il a vraiment beaucoup de chance, un Riesling Grand Cru Altenberg 2005.

Tous les vins bourrus se ressemblent-ils ?

Non. Pour répondre aux attentes du consommateur, toutes sortes de procédé ont vu le jour et si vous vérifiez l’étiquette d’une bouteille de vin bourru ou pétillant de raisin, voire Neïa Siessa, en vente dans la grande distribution, vous serez peut-être surpris de son lieu de fabrication. Il est probable qu’une filtration ou une pasteurisation aura interrompu ou considérablement ralenti le travail des levures et vous n’aurez vraisemblablement aucune annotation sur le cépage.
Pour comparer, téléphonez à votre viticulteur bio préféré et achetez directement chez lui.

Quelques informations supplémentaires à l’usage du néophyte.

Ne pas coucher la bouteille, le bouchon n’est jamais étanche. On la conserve ensuite debout dans le réfrigérateur. A consommer assez rapidement car après quelques jours, le goût du fruit a tendance à s’estomper pour faire prédominer la levure qui, dans le meilleur des cas, évoquera la châtaigne. Nous laissons à chacun le loisir d’expérimenter les qualités diurétiques et laxatives du vin bourru