Canton des Grisons en Suisse

 

Le canton des Grisons (GR, en allemand Graubünden, en romanche Grischun, en italien Grigioni) est le plus grand et le plus oriental des cantons de Suisse.

C'est le seul canton suisse trilingue et le seul où est parlé le romanche. Bien que la majeure partie de la population soit germanophone, environ 15 % des habitants du canton le parlent.

 

 

Le canton est situé dans le Nord-Est de la Suisse. Il est entouré au nord par le lac de Constance et le canton de Thurgovie. À l'est il est séparé de l'Autriche et du Liechtenstein par la vallée du Rhin. Au sud, il est bordé par les cantons des Grisons, de Glaris et de Schwytz et à l'ouest par le canton de Zurich.

Les deux demi-cantons d'Appenzell Rhodes-Intérieures et Appenzell Rhodes-Extérieures sont enclavés dans le canton de Saint-Gall.

Les principales rivières du canton sont le Rhin, la Thur, le Linth et le Seez. La topologie varie des plaines dans le nord près de la vallée du Rhin et du lac de Constance au sud montagneux. À peu près un quart du canton est recouvert de forêt et la moitié de pâture alpine.

La tour de Casaccia en Suisse

 

Au nord-ouest du village de Casaccia, on voit s'élever sur une petite colline les quelques rares vestiges d'un modeste ouvrage défensif, communément nommé «turraccia». On jouit de ce point d'une belle vue sur le val Bregaglia, et même sur les cols du Septimer et de la Maloja. II semble que la turraccia n'ait consisté qu'en une tour protégée par une enceinte de trois côtés.

 

Il ne reste que quelques maigres traces de cette ceinture, juste quelques bas remblais. Pour ce qui est de la tour, un remarquable pan de mur nous la rappelle. Sa maçonnerie consiste en un appareil irrégulier de pierres de taille aplaties; seul l'assemblage angulaire est fait de moellons en bossage épannelés avec soin. On voit encore dans les murs démolis les restes de meurtrières et dans la façade nord-ouest l'endroit où se trouvait la porte haute. Rien ne prouve que les traces d'un sentier aménagé sur le versant sud de la colline et menant à l'enceinte soient celles de l'ancien accès au château.

Le village de Casaccia, cité pour la première fois en 1160 dans un document, se trouvait à la bifurcation des routes du Septimer et de la Maloja. C'est dire qu'il a joué au Moyen Age un rôle non négligeable dans l'histoire du trafic par les cols. A l'époque carolingienne déjà, un hospice avait été érigé à quelques centaines de mètres en amont de Casaccia; sa chapelle était dédiée à saint Gaudence. L'établissement fut transféré au centre du village aux environs de 1520. Les bâtiments de l'hospice qu'on voit aujourd'hui encore au pied de la colline du château datent de cette époque. Même si nous manquons d'informations documentaires directes sur l'ouvrage de Casaccia, il est permis de supposer que la construction de ce petit château fort a eu un rapport quelconque, mais difficile à préciser, avec le développement du trafic par les cols du Septimer et de la Maloja. Les droits de douane dans le val Bregaglia, qui depuis le Xe siècle se trouvaient entre les mains de l'évêque de Coire, comprenaient également la surveillance des cols et allaient de l'entretien des sentiers muletiers à la lutte contre le banditisme. Au XIVe siècle, Jacques de Castelmur, qui alors détenait les droits de douane à titre de fief épiscopal, s'efforça de rétablir le chemin du Septimer laissé depuis un certain temps à l'abandon et d'en faire une voie carrossable.

On peut donc penser que le promoteur de la turraccia fut un évêque de Coire ou l'un de ses ministériaux. La maçonnerie de la tour doit dater des environs de 1200. Peut-être les frères Ebelinus et Rodolfus de Casaccia dont il est fait mention dans un texte de 1273 résidèrent-ils dans le château en qualité de ministériaux épiscopaux. Il semble qu'un domaine agricole se soit trouvé à proximité du château; il devait sans doute assurer l'approvisionnement des châtelains et de leurs gens. Des documents datant du début du XVe siècle parlent d'une ferme de Casaccia appartenant à l'évêque, il est donc permis de supposer que le château épiscopal tombait déjà en ruine vers 1400, mais que les terres et la cour étaient, quant à elles, encore toujours exploitées.

 

Château Torre Fiorenzana (Grono) en Suisse

 

Le village de Grono, qui s'étend sur le cône de déjection déposé par la Calancasca à son embouchure dans la Mesolcina, est surplombé par la torre Fiorenzana, un donjon médiéval bien conservé. Ni l'épaisseur de ses murs ni d'autres particularités ne permettent de conclure à un caractère défensif de cet édifice.

 

Sa surface intérieure, assez considérable pour un donjon (env. 7,5 mètres sur 5,5), le façonnage de ses portes et de ses fenêtres et ses créneaux à destination purement décorative prouvent que la tour a joué un rôle principalement représentatif. La maçonnerie, consistant en un appareil bien ajusté de petites pierres de taille, se remarque par sa facture soignée; le revêtement angulaire, lui, est fait de moellons en bossage épannelés avec soin. A l'intérieur, la tour comprend cinq étages, celui du bas servant de cave. Les appartements se trouvaient autrefois aux étages supérieurs. Au second étage, une cheminée et un conduit aménagé obliquement dans l'épaisseur du mur indiquent que ces pièces étaient habitées toute l'année. L'entrée actuelle, pratiquée au niveau du sol, est d'origine moderne. L'entrée surélevée primitive, une porte en plein cintre fort bien travaillée, se trouvait à la hauteur du troisième étage. Au quatrième étage, une autre porte donnait accès à une galerie de bois établie sur les côtés sud et est de la tour. Le dernier étage ne fut jamais habité. Ses parois sont percées de nombreuses petites ouvertures, ce qui nous porte à croire qu'il a servi au séchage de viande, de fruits et de produits des champs.

Château d'Haldenstein en Suisse

 

Le château d'Haldenstein, appelée en allemand Schloss Haldenstein, est une maison forte située sur le territoire de la commune grisonne d'Haldenstein, en Suisse.

 

 

 

 

Le château est construit au début du XVIe siècle sur l'ordre de Jean Jacques de Castion, alors propriétaire de l'ancien château situé sur un piton rocheux en surplomb du village. Il passe ensuite entre les mains de la famille von Salis qui le fait agrandir en y ajoutant un étage en 1731. Partiellement détruit par un incendie à la fin des travaux, il est rapidement reconstruit. Entre 1763 et 1771, il accueille un philanthropin qui sera ensuite transféré dans le château de Marchlins.

De nos jours, le bâtiment est inscrit comme bien culturel d'importance nationale après une importante restauration menée entre 1986 et 2005. Propriété d'une fondation, il accueille l'administration communale et le service archéologique du canton des Grisons. Chaque année, un festival du jardin au printemps et un opéra pendant l'été y sont organisés.

Château Kropfenstein en Suisse

 

Le château de Kropfenstein, appelé en allemand Burg Kropfenstein, est un château situé sur le territoire de la commune grisonne de Waltensburg/Vuorz, en Suisse.

 

Le château, situé sur le flanc d'une paroi rocheuse verticale à l'ouest des villages de Waltensburg et de Brigels, a été probablement construit au XIIIe siècle, même si l'on ignore exactement quand et comment. Les comtes de Kropfenstein, qui sont mentionnés dès le XIVe siècle, auraient adopté le nom de leur château ; ils disparaissent environ un siècle plus tard, laissant le château à l'abandon après 1450.

La forteresse est construite sur une corniche et dans une caverne. Elle se compose d'une seul bâtiment de plan irrégulier et composé de 3 étages.

 

Aujourd'hui en ruine, il est relativement bien conservé grâce à la couverture naturelle formée par la paroi rocheuse. L'ensemble est inscrit comme bien culturel d'importance nationale à la fois comme bâtiment et comme site archéologique.

Kropfenstein compte parmi les châteaux rupestres grisons les plus difficilement accessibles. Situé entre Waltensburg et Brigels, il est perché sur une corniche de forme allongée et irrégulière, à laquelle on ne parvenait autrefois que de l'est, par un étroit sentier aménagé dans le roc. Cette voie d'accès a été rendue plus aisée il y a quelque temps par des marches taillées dans la pierre et par une solide balustrade. On peut donc aujourd'hui atteindre ces lieux et pénétrer à l'intérieur du château sans danger.

L'ouvrage rupestre de Kropfenstein consiste en un seul corps de bâtiment de plan irrégulier qui, tel un nid d'aigle, occupe une caverne étroite et allongée, sur les bords d'une falaise aux parois abruptes. Grâce au toit protecteur formé par le rocher qui surplombe la plus grande partie du château, la maçonnerie n'a que peu souffert des intempéries, de sorte que les ruines actuelles récèlent encore bon nombre de détails dignes d'être vus. Du sentier, Kropfenstein se présente comme une construction étroite, accolée au rocher. Aux deux étages supérieurs, des meurtrières ont été ouvertes juste au-dessus de la porte pratiquée au niveau du sol; elles pouvaient au besoin servir de lucarnes de défense. De l'entrée, on pénètre dans un bâtiment de trois étages, large d'à peine deux mètres et qui, vu son exiguité, ne servit sans doute jamais de logement, mais plutôt de grenier ou de magasin. Seule la partie arrière de l'ouvrage, attenant au côté ouest de cette annexe et large de six mètres, doit avoir abrité des pièces habitables et une cuisine. Quelques restes de deux murs de refend montrent qu'à l'origine, ce bâtiment était divisé en plusieurs parties. Rien ne permet d'établir quelle fut la couverture de l'ouvrage. La solution la plus simple qu'on puisse concevoir, c'est un toit en appentis reposant sur la paroi rocheuse arrière.

Château de Lumbrein en Suisse

 

Une imposante tour d'habitation féodale nommée «Schloss» se dresse au sud du village de Lumbrein. De tels ouvrages doivent avoir été fréquents jadis. Leur construction de pierre massive et leurs dimensions considérables les distinguaient nettement des demeures pour la plupart en bois des habitants des environs.

 

 

 

 

Souvent, ils se remarquaient de plus par un emplacement particulièrement marquant, sur la place du village, près de l'église ou sur quelque hauteur visible loin à la ronde. Ces tours étaient généralement habitées par des familles de la petite noblesse campagnarde ou par des fonctionnaires seigneuriaux.

Largement répandues aux Grisons, elles devinrent vers la fin du Moyen Age un véritable symbole d'état des couches rurales supérieures. A Zuoz par exemple, il n'y en avait pas moins de douze, et bien d'autres villages en comptaient plus d'une.

Dans le Lugnez, au reste pauvre en châteaux forts d'une certaine importance, on construisit des tours d'habitation jusque dans le courant du XVIe siècle. Il n'est resté de quelques-unes que les étages inférieurs, d'autres ont entièrement disparu. A Lumbrein, on en trouve deux, toutes deux bien conservées. La «Casa Casaulta», proche du centre du village, a longtemps été considérée comme un monument du Moyen Age finissant, jusqu'au jour où des travaux de restauration permirent d'établir la date de sa fondation. Plusieurs particularités décelées dans les portes, les fenêtres et les murs indiquent en effet qu'elle a dû voir le jour au tournant du XllIe siècle.

Quant à la tour qui s'élève au sud du village, elle remonte au début du XlIle siècle. C'est un corps de bâtiment de plan quadrangulaire; son mur orienté vers le village est plus épais que les autres. Chose fort rare, son entrée surélevée, ménagée dans la façade est, a conservé sa porte initiale, un ouvrage en fer forgé. Sont également d'origine d'étroites meurtrières et des fenêtres en plein cintre, des sorties donnant sur des hourds et des latrines en encorbellement. Une ouverture en entonnoir pratiquée dans la façade ouest et transformée maintenant en fenêtre provient d'un four ou de quelque autre âtre pourvu d'un conduit de fumée. La superstructure de l'actuel bâtiment est le résultat de diverses transformations tardives. Autrefois, la tour devait être plus élevée, car côté village, le toit en appentis actuel est dépassé par un chemin de ronde isolé; la superstructure primitive atteignait sans doute la hauteur de ce passage. Une restauration soignée exécutée il y a quelques années a fait réapparaître tous les éléments originaux ayant subsisté jusque-là.

Les bâtisseurs et premiers habitants de la tour furent vraisemblablement les seigneurs de Lumbrein, mentionnés dans les documents depuis 1231. Ils semblent avoir été proches parents des Torre, établis dans le val Blenio. Ce qui permet de conclure à une importance non négligeable au Moyen Age du col de Greina, qui relie le Lugnez au val Blenio. Les seigneurs de Lumbrein disparaissent des textes à partir de la fin du XIlle siècle. Nous ignorons si la famille de ce nom citée depuis 1371 est identique à l'ancienne lignée. Elle a en tout cas habité l'une des tours de Lumbrein, sinon les deux, et a joui d'une haute considération durant toute la période allant du XIVe au XVIe siècle. Quelques-uns de ses représentants furent baillis du Lugnez, d'autres juges de paix de la Ligue Grise, d'autres enfin landammans de Disentis. Au début du XVIe siècle, Albin de Lumbrein exerçait les fonctions de prévôt épiscopal à Riom. C'est à cette époque que la tour de Lumbrein passa aux mains de la famille Capaul, une famille du patriciat grison. Demeurée sans interruption propriété privée, elle a survécu à toutes les tourmentes des siècles et sert aujourd'hui encore d'habitation.

Château Salenegg, Maienfeld en Suisse

 

Dans le secteur alpin, rares sont les villes fondées au Moyen Age. C'est aussi le cas des Grisons, où mise à part la résidence épiscopale, on ne compta jamais plus de trois villes, et encore s'agit-il de centres de modeste étendue: Maienfeld dans la «Seigneurie» (Herrschaft), Fürstenau dans le Domleschg et Ilanz dans le Surselva.

 

 

Dans chacun de ces bourgs, Coire y compris, l'extension urbaine fut étroitement liée à un château. Coire s'étendit au pied de la résidence épiscopale, Ilanz posséda pour le moins une tour d'habitation et la bourgade de Fürstenau prit naissance à l'endroit où se trouvait le terrain avancé du château épiscopal. Il en alla à peu près de même pour Maienfeld. Mais ici, le château date du milieu du XIIIe siècle, tandis que la ville, issue d'un faubourg situé hors de l'aire du château, ne se forma qu'au XIVe siècle, ou même au début du XVe.

Dans la région de Maienfeld, les conditions de trafic ne pouvaient que favoriser la fondation d'un château et la naissance d'une ville. La rive droite du Rhin était longée par la vieille route qui du lac de Constance menait à Coire et aux cols grisons et près de Maienfeld, cette importante voie rejoignait la non moins importante route du lac de Wallenstadt. C'est ici que cette dernière franchissait le fleuve et qu'un bac assurait le passage

Le château de Maienfeld est généralement considéré comme une fondation des seigneurs de Vaz, ce qui toutefois ne correspond pas à la tradition écrite. Il est en effet établi que près de Maienfeld - qui à l'origine portait le nom roman de «Lupinis» - se trouvait un domaine royal; il est cité dans des textes du IXe siècle. Ce sont ses biens et ses droits qui au haut Moyen Age constituèrent la base des seigneuries de Maienfeld et de Neu-Aspermont. Erigé entre 1250 et 1270, le château de Maienfeld a eu pour promoteurs les barons d'Aspermont; des documents attestent en effet qu'il était en leur possession en 1282. En 1295, l'évêque de Coire et les seigneurs de Vaz s'engagèrent par contrat à régler les querelles qui les divisaient à propos de sujets établis dans le domaine de Maienfeld.

Château de Mesocco en Suisse

Le château de Mesocco est un château situé à Mesocco, surplombant la vallée de Mesolcinna dans le canton des Grisons (Suisse).

Du château, seules quelques ruines sont encore visibles aujourd'hui.

Sur la route du col du San Bernardino, l'endroit était déjà fortifié à l'époque romaine.

C'est au Moyen Âge que les comtes de Sacco ont construit leur forteresse sur ce rocher abrupt.

 

Le château de M. est la forteresse la plus importante des Grisons et l'une des plus imposantes de Suisse. Située sur un éperon rocheux à environ 800 m d'altitude, elle domine le fond de la vallée au sud du village de M. Mentionnée en 1219, elle existait déjà au haut Moyen Age; des vestiges archéologiques prouvent une occupation du site depuis le Néolithique. La construction du donjon entre 1150 et 1200 modifia la disposition initiale du château. Au XIIIe s., on construisit une nouvelle enceinte pour protéger toute la forteresse, puis au XIVe et au début du XVe s., on entreprit des travaux d'agrandissement et d'aménagement de cette dernière. Le château fut la résidence des Sacco ou Sax-Misox, seigneurs de la Mesolcina, pendant environ quatre siècles. En 1480, le condottiere Jean Jacques Trivulce leur acheta la seigneurie avec tous ses droits et ses biens. Il renforça les remparts et transforma le château en une grande citadelle dotée d'une imposante artillerie, si bien qu'elle acquit la réputation d'être imprenable, "sauf par la trahison ou par la faim". En 1496, Trivulce entra dans la Ligue grise et s'engagea à fournir les vivres et les armes du château en cas de besoin, ce qui arriva lors de la guerre de Souabe et de la première guerre de Musso. En 1526, les III Ligues ordonnèrent le démantèlement du château. On effectua des travaux de consolidation en 1925-1926, puis, entre 1986 et 1990, on commença la restauration de la tour polygonale et des murs nord et nord-ouest. La forteresse, en forme de long polygone irrégulier, s'étend sur toute la surface plane de l'éperon rocheux; cinq tours en saillie de différentes formes renforcent les murailles. A l'intérieur se trouvaient les logements des seigneurs, des soldats et des domestiques, les entrepôts pour les armes et les vivres, une fonderie, une fromagerie, un four, une citerne, un rucher et, encore visible, l'église Saint-Carpophore (VIe-VIIe s., reconstruite au XIe s.) avec son clocher roman. L'église romane Sainte-Marie, mentionnée en 1219, se trouve au pied de la forteresse.

Château Poschiavo en Suisse

 

Seuls quelques rares vestiges témoignent encore des châteaux qui pendant le Moyen Age furent érigés dans la vallée de Poschiavo; de son côté, la tradition écrite ne nous livre que peu de renseignements à leur sujet. Ici et là toutefois, le souvenir des ouvrages défensifs d'antan continue à vivre dans quelques toponymes.

Ainsi, le lieu-dit "Pedenab", près de San Antonio au sud de Poschiavo, rappelle une colonie forte préhistorique et il se pourrait qu'au Moyen Age, un château fort ait également occupé cet endroit. Le nom de Castel da Prada donné, lui, à une arête rocheuse surplombant le village du même nom est sans doute dû aux menues traces qu'a laissées un ancien château. Au nord-ouest du centre de Poschiavo, un flot de maisons porte le nom de Castel, un nom dont il pourrait être redevable aux vestiges du château Olzate qui se dressent sur une crête rocheuse voisine. Bien souvent, cet ouvrage a joué un rôle de poids dans l'histoire de la vallée.

 

A Poschiavo même, on remarque, dès qu'on se trouve sur la place du village, l'imposante tour carrée proche de l'église. Elle représente les vestiges les plus importants de l'architecture défensive médiévale dans le val Poschiavo. A l'origine, cette construction de pierre comptait quatre étages et il est possible qu'elle ait été surmontée d'une partie saillante en bois. Comme l'indique une inscription gravée dans une pierre d'angle, la tour de Poschiavo a été exhaussée en 1548. Elle a conservé de sa première structure deux étroites meurtrières et deux petites fenêtres carrées. De plus, l'existence d'un hourd est attestée par quelques consoles ménagées au bord du toit plat. Comme tout l'agencement intérieur de la tour a été transformé à l'époque postmoyenâgeuse, on ne voit plus aucune trace des pièces d'habitation primitives. Les derniers importants travaux de restauration ont été apportés à la tour en 1977.

Château de Rhäzüns en Suisse

 

Le château de Rhäzüns (Schloss Rhäzüns) est un château fortifié situé sur une hauteur à l'est du village de Rhäzüns dans le canton des Grisons (Suisse). Il domine le cours du Rhin postérieur au-dessus d'un plateau de moraine de 65 mètres de hauteur et 25 mètres de largeur.

Un château fort a certainement été construit à cet emplacement au Xe siècle, car des sources écrites le cite en 960 et 976 sous le nom de castellum Beneduces et Rezunnes, sous le règne des empereurs Othon Ier et Othon II.

 

Un descendant des barons de Rhäzüns, Arnold de Rhäzuns (Arnoldus de Ruzunne), est cité en 1137-1139, puis le château est mentionné dans un acte de vente de l'abbaye de Disentis en 1282. C'est dans l'avant-château que fut conclu le traité de paix entre l'abbaye de Disentis et le bailli de Glaris en 1343. Le dernier baron de Rhäzüns, Georges de Rhäzüns, meurt en 1459 et s'ensuit une bataille de succession entre les comtes de Hohenzollern-Hechingen de Zollern et les comtes de Werdenberg. Il échoit aux Zollern en 1461 qui le donnent à titre de gage aux seigneurs de Marmels. Après un échange avec les seigneurs de Haigerloch, le château devient possession en 1497 de Maximilien Ier et sert de lieu de défense stratégique, mais c'est toujours un fief des seigneurs de Marmels qui opèrent quelques aménagements au château. Il est occupé par les ligueurs pendant la guerre de Souabe en mai 1499, mais retourne ensuite aux seigneurs de Marmels, après le traité de paix.

Le château change de mains après la mort du seigneur Hans von Marmels en 1553 et les propriétaires se succèdent jusqu'à la fin du XVIIe siècle: Bartholomäus von Stampa l'obtient en fief, puis Johannes von Planta en 1558 ; le château passe par mariage aux Schauenstein, puis aux Travers von Ortenstein. La couronne d'Autriche reprend la seigneurie en 1695 et confie le château à de hauts serviteurs de la couronne. La seigneurie fait ensuite partie des Trois Ligues. Les Français s'emparent de la région en 1810, puis Rhäzüns est attribué à l'Autriche en 1814, et ensuite définitivement au canton des Grisons après le congrès de Vienne. Le domaine devient domaine cantonal, les droits seigneuriaux ayant été délégués au canton, et le château lui-même devient propriété privée.

Il est acheté en décembre 1926 par la « Gemeinnützigen Genossenschaft für Auslandschweizer Ferienheim Rhäzüns » qui le restaure. Il appartient aujourd'hui à la société EMS-Chemie AG qui le loue à vie à l'homme politique Christoph Blocher.

Château San Vittore Torre Palas en Suisse

 

Construits au pied de la montagne au nord de San Vittore, Le château du même nom est composé de deux tours distinctes et chacune d’entre elles trône au sommet d’un rocher. Les deux blocs de pierre étant distants de plus de trois mètres, il est vraisemblable que les deux ouvrages étaient reliés par une passerelle. La tour sud dont il ne reste plus que des vestiges devait servir de corps de logis, à savoir d’un bâtiment d’habitation. On y accédait depuis une entrée à l’est au pied du rocher. La tour nord, la plus grande, était constituée de six étages et représentait le bâtiment principal.

 

La passerelle qui la reliait à l’autre rocher en permettait l’accès. De forme carrée, elle était équipée de latrines, de diverses niches et d’un évier. Il est probable qu’un mur d’enceinte aujourd’hui disparu protégeait l’ouvrage et différents communs.

L’histoire est très avare concernant le château de San Vittore. La tour méridionale apparaît avoir été construite au XII siècle quant à sa grande sœur, ses fondations datent probablement de la deuxième moitié du XIII siècle. Des documents de la deuxième moitié du XII siècle parlent d’un Albert de San Vittore mais rien ne permet d’affirmer qu’il soit à l’origine de la construction de l’édifice. Il est par contre certain que San Vittore tomba au XIII siècle sous le joug des Sax Misox - les seigneurs de Mesocco – lorsqu’ils entreprirent de régner sur le val Mesolcina. C’est à cette époque que l’administration de San Vittore et des ses alentours fut confiée à une branche collatérale des Sax. Les intendants des Sax Misox furent probablement les instigateurs de la tour septentrionale et plus tard, vers l’année 1400, de ses étages supérieurs. Ils assurèrent une certaine pérennité au château mais lorsque leur lignée s’éteignit au XV siècle, il fut délaissé et tomba rapidement en ruine.

Château de Tarasp en Suisse

 

 

Le château de Tarasp, appelé en allemand Schloss Tarasp, est un château fort de Suisse, situé au sommet d'une colline rocheuse qui surplombe le village de Tarasp, dans le canton des Grisons.

 

 

La première mention du château date du XIe siècle, même si le bâtiment date probablement du Xe siècle. Il est l'œuvre d'une famille originaire du val Venosta qui prendra par la suite le nom du château au siècle suivant, alors même que leur seigneurie atteignait son extension maximale avec des terres dans le Tyrol méridional, dans la Valteline et même en Bavière.

Après la disparition de la famille de Tarasp, le château et les terres passent entre les mains de l'évêque de Coire, puis aux comtes de Tyrol et à leurs successeurs les ducs d'Autriche 1363 à 1422. Propriété ensuite de l'Autriche, le château est source de tension avec les fiefs voisins ; il devient en 1687 une propriété des princes von Dietrichstein.

En 1803, le château est attribué par Napoléon Ier à la République helvétique qui le confie au canton nouvellement créé des Grisons. Celui-ci, manquant de fonds, le vend en 1829 pour quelques centaines de francs à un privé qui s'en débarrassera à son tour quelques années plus tard. Le bâtiment va alors, pendant les décennies suivantes, passer entre de nombreuses mains pour être finalement totalement pillé et abandonné.

Entre 1900 et 1916, le château est totalement rénové par son nouveau propriétaire Karl August Lindner ; Il est depuis ouvert au public qui peut en particulier y assister à des concerts d'orgue. Le bâtiment est inscrit comme bien culturel d'importance nationale.

Château Tschanüff (Ramosch / Remus) en Suisse

 

 

 

On trouve dans le secteur inférieur de la Basse-Engadine, entre Sent et Martinsbruck, les vestiges de plusieurs châteaux forts, dont la tradition écrite ne fait toutefois que rarement mention. Ainsi, aucun texte ne parle de la tour d'habitation de San Peder, près de Sent, ou des deux châteaux de Serviezel proches de Ramosch, resp. de Martinsbruck. Les plus vieux écrits dans lesquels apparaît l'ouvrage de Ramosch - la forteresse la plus importante de la Basse-Engadine en aval de Tarasp - ne nous fournissent eux non plus aucune indication précise. Le nom de Tschanüff dérive probablement de «Casa nova» (maison neuve), mais il n'est employé qu'à partir de l'époque postmoyenâgeuse et ne dit de ce fait rien des origines du château. Dans les textes du Moyen Age, la forteresse porte toujours le nom de Ramosch, donc du village qui lui est proche.

 

 

Ses imposantes ruines se dressent sur un promontoire rocheux conique du flanc gauche de la vallée, au bord d'un profond ravin. Côté montagne, le château était protégé par un large fossé. Au cours des ans, le sol morainique peu stable sur lequel fut bâtie la forteresse s'éboula plus d'une fois, surtout à l'ouest, du côté délimité par le ravin. C'est sans doute la raison pour laquelle le château fut abandonné au XVIIIe siècle. Entre-temps, toute la partie occidentale du site s'est écroulée dans l'abîme.

De nombreux joints et des parties de murs ne s'accordant pas entre eux semblent indiquer que la construction de cet ouvrage n'est pas allée sans difficultés; seules des fouilles pourraient apporter un peu de lumière à ce sujet. Certains éléments de la partie occidentale de l'enceinte, de plan irrégulier, doivent avoir appartenu à la construction initiale. L'imposant donjon situé au nord de l'ouvrage et quelques parties du corps de logis méridional ont probablement vu le jour au cours d'une seconde phase de construction, entreprise semble-t-il vers le milieu du Mlle siècle. Tous les autres bâtiments sont tardifs et ont été érigés en plusieurs étapes. Certains d'entre eux ne datent que du XVIe ou du début du XVIIe siècle.

L'ouvrage de Ramosch comprend un château central, avec tour, enceinte, corps de logis et annexes, et un avant-château situé au midi. L'enceinte qui clôture ce dernier présente différentes épaisseurs; elle a dû être érigée à diverses époques. Les deux étages inférieurs de l'habitation renferment des pièces voûtées, vraisemblablement aménagées à la fin du Moyen Age. L'entrée pratiquée dans la partie médiane permettait de passer de l'avant-château dans la cour intérieure de l'ouvrage central; un passage voûté se trouvait juste derrière la porte. Les constructions les plus récentes recèlent les restes d'un crépi agrémenté de sgraffites.

Ce qui frappe tout particulièrement dans cet ouvrage, c'est une sorte de tour greffée sur la face occidentale du corps de logis. Il s'agit en fait d'un double mur-bouclier très élevé qui servait à couvrir l'habitation contre les tirs venant de l'autre côté du ravin. Le mur-bouclier initial n'avait que trois mètres d'épaisseur. C'est la raison pour laquelle il fut renforcé plus tard - sans doute après l'apparition des armes à feu - par un second mur et prit ainsi l'aspect d'une tour carrée; et pourtant, toute cette construction est faite de murs massifs.