Biographie de Johnny Halliday

 

 

 

 

 

Enfance et adolescence.

Fils d'Huguette Clerc (1920-2007), alors employée de crèmerie, et de Léon Smet (1908-1989), artiste de cabaret belge, Jean-Philippe Léo Smet naît à la clinique Villa Marie-Louise située au 3, cité Malesherbes dans le 9e arrondissement de Paris, le 15 juin 1943.

À sa naissance, Jean-Philippe porte le nom de sa mère, Clerc, car Léon Smet ne l'a pas reconnu. Début 1944, Léon Smet abandonne sa compagne et son fils, âgé de huit mois. À la demande d'Huguette, le couple se reforme le temps d'un contrat de mariage et d'une reconnaissance en paternité, le 7 septembre 1944 ; dès lors, l'enfant se nomme officiellement Jean-Philippe Smet. Avant le jour de son baptême, célébré le 10 septembre 1944 en l'église de la Sainte-Trinité à Paris, Léon et Huguette Smet demandent au second époux de Jacqueline Harpet, l'homme de radio Alain Trutat, de devenir le parrain de leur fils.

 

                    

 La maison de Léon De Smet à Sint-Martens-Latem.

 

Léon Smet, né le 3 mai 1908 à Schaerbeek et mort le 8 novembre 1989 à Bruxelles, est un comédien, danseur, chanteur et réalisateur belge.

Il épouse en première noces Nelly Debeaumont en 1929, en seconde noces Jacqueline Harpet en 1938, puis Huguette Eugénie Clerc en 1944.

De cette dernière union, naît Jean-Philippe Smet qui ne porte pas tout de suite le nom de son père, mais celui de sa mère. Séparé depuis quelques mois, à la demande de la mère, le couple se reforme le temps d'un contrat de mariage, le 7 septembre 1944 ; date à laquelle l'enfant prend officiellement le nom de Smet. Huit mois après la naissance de son fils, il quitte sa femme qui doit alors reprendre une activité professionnelle. Celle-ci confie alors son fils à sa belle-sœur Hélène Mar.

Comédien, danseur et chanteur, Léon Smet apprend le chant et l'art dramatique au conservatoire de Bruxelles. Ancien danseur dans la troupe de ballet du théâtre de la Monnaie à Bruxelles, il mène ensuite une carrière d'artiste de cabaret en Belgique puis en France, sous le pseudonyme de Jean Michel. Pendant l'entre-deux-guerres, il acquiert une certaine réputation dans le milieu artistique belge. En 1935, il ouvre à Bruxelles le cabaret Le Trou vert. Il est également proche des surréalistes belges. En 1937 il est l'acteur principal de Monsieur Fantômas, un court-métrage surréaliste réalisé par Ernst Moerman.

Au début de l'occupation allemande, Léon Smet, qui vit en France, connait des moments difficiles du fait de la fermeture des cabarets où il se produisait. Son beau-frère Jacob Mar travaille alors à Radio-Paris - une station contrôlée par les Allemands - une collaboration pour laquelle il sera condamné après la guerre. Il aide en 1943 Léon Smet à obtenir le poste de responsable des programmes de Fernsehsender Paris, la chaîne de télévision allemande destinée aux troupes dans les hôpitaux, dont les studios sont situés dans la capitale, rue Cognacq-Jay.

Début 1944, Léon Smet quitte subitement le foyer, abandonnant sa compagne et son fils alors âgé de moins d'un an. Il revient quelques mois plus tard, le temps d'épouser Huguette Clerc et de reconnaître Jean-Philippe comme son fils, avant de repartir définitivement. Selon Eddy Przybylski, l'un des biographes de Johnny Hallyday, il est possible que le père du chanteur ait souhaité s'éloigner de Paris après la libération, de peur d'être inquiété en raison de son travail à Fernsehsender Paris. Comme l'ensemble du personnel de cette station, il ne fait cependant l'objet d'aucune poursuite pour collaboration après-guerre.

De retour à Bruxelles, il ouvre une école réputée d'art dramatique. Serge Reggiani, ancien élève de son père, confie plus tard à Johnny que plusieurs de ses camarades, comme lui-même, n'hésitaient pas à faire le voyage depuis Paris pour suivre son cours. En 1952, il monte un spectacle de masques et de marionnettes pour enfants avec José Géal, le futur Toone VII du Théâtre royal de Toone, et entame une tournée dans les homes pour enfants de la côte belge. Plus tard, Léon Smet devient réalisateur à la télévision belge. Mais, alcoolique et instable, il finit par perdre son emploi et sombre ensuite dans la pauvreté, jusqu'à devenir semi-clochard.

En 1980, Léon Smet déclarera considérer n'avoir jamais été un « collabo » et avoir même hébergé des Résistants chez lui, selon les propos rapportés par l'un des biographes de Johnny, Eddy Przybylski.

Coiffeuse et manucure de formation, Huguette Clerc travaillera comme mannequin. Remariée, elle aura deux autres garçons et vivra à Marseille.

 

Eglise Sainte-Trinité à Paris où Jean-Philippe Smet a été Baptisé.

Peu après, Léon Smet part définitivement. Huguette Clerc reprend après la naissance de Jean-Philippe une activité professionnelle, devenant mannequin de cabine pour des couturiers Son métier lui laissant peu de temps, elle confie son enfant à sa belle-sœur Hélène Mar. Cette dernière devient pour l'enfant une figure maternelle de substitution, aidée de ses filles Desta et Menen (cette dernière étant devenue la marraine de Jean-Philippe lors de son baptême en 1944).

 

          

 

                  

                       

                   

ci-dessus : Léon Smet et Hélène Mar                                   Léon Smet

 

ci dessous : Jean Philippe et sa tante Hélène Mar

 

 

Johnny Hallyday, sa cousine Desta et sa tante Hélène Mar.

Le 28 mars 1945, le mari d'Hélène, Jacob Mar, est arrêté pour faits de collaboration, ayant été speaker et éditorialiste à Radio-Paris, la radio de la propagande nazie, ce qui compromet la carrière de première danseuse-étoile des filles d'Hélène. Après-guerre, dans une France marquée par la guerre et avec un père absent, Jean-Philippe sera traité de « fils de boche », de « bâtard » ou de « fils de divorcé », « stigmates sociaux que la légende de Johnny va (plus tard) récupérer pour les convertir en signes positifs ».

À trois ans, Jean-Philippe entame une vie d'enfant de la balle au gré du travail de danseuses classiques de ses cousines. Fin 1946, Desta et Menen s'installent à Londres pour deux ans avec leur jeune cousin. Desta épouse Lee Lemoine Ketcham, un danseur américain connu sous le nom de scène de Lee Halliday. Le trio de danse acrobatique, Desta, Menen et Lee, se produit à travers l'Europe jusqu'en 1949. Le trio devient ensuite duo : Desta et Lee se font alors appeler « Les Halliday's ».

 

Lee Halliday, qui est aux yeux de l'enfant une incarnation du rêve américain, devient son père de cœur et le surnomme Johnny. Plus tard, au moment de choisir un nom d'artiste, il optera ainsi pour le nom de scène « Johnny Halliday » (qui sera, ultérieurement, modifié en « Hallyday » à la suite d'une erreur d'imprimerie sur la pochette de son premier 45 tours).

Lee Hallyday, le père de coeur de Johnny Hallyday.

Inscrit à l'école des enfants du spectacle, il suit des cours par correspondance, apprend la danse classique et, à Paris, suit des cours de théâtre au Centre d'art dramatique de la rue Blanche et au Théâtre du Petit Monde.

"L'école de la Rue Blanche, dont le nom officiel est Ecole Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre, existe depuis 1941. Hébergée rue Blanche, dans le 9e arrondissement de Paris jusqu'en 1997, ce fut longtemps la seule école supérieure à proposer une grande variété de formations dans le domaine théâtral : régisseur, costumier, scénographe, comédiens, etc. Depuis 1997, elle est localisée à Lyon"

Il apprend le violon qu'il déteste et finit par l'échanger, au grand dam de ses aînés, contre une guitare. Durant deux ans, où il vit à Genève, inscrit au conservatoire, il prend des cours de guitare avec le maître José de Azpiazu. Ce dernier, n'appréciant guère qu'il joue dans les rues des airs de cow-boy, finit par le renvoyer.

 

Dès l'âge de neuf ans, il occupe la scène pendant les changements de costume du couple, en chantant des chants traditionnels français ou américains. Il monte officiellement sur scène, pour la première fois, le 13 juin 1956 pour la première partie du spectacle des Halliday, à l’Atlantic Palace de Copenhague, où il chante La Ballade de Davy Crockett, en s'accompagnant à la guitare, habillé en cow-boy.

 

Rentrée à Paris, la famille demeure dans le « quartier de la Trinité » au 13, rue de la Tour-des-Dames. (photo ci-dessous)

 

 

Johnny obtient divers petits rôles :

il est figurant dans Les Diaboliques

                  

 

tourne une réclame pour une marque de vêtements ALBA

 

participe à la télévision à l'émission Martin et Martine, où il chante Dans les plaines du Far-West.

À 14 ans, en voyant au cinéma le film Amour frénétique, Johnny découvre Elvis Presley et le rock 'n' roll. C'est une révélation et, convaincu d'avoir trouvé sa voie, il décide de devenir rockeur.

Débuts musicaux (1958-1960)

 

Johnny débute avec le soutien de ses proches, notamment de Lee Halliday, qui le produit.

Convaincu que cette musique peut s'imposer en France, Lee Halliday fait envoyer d'Amérique, par sa famille, des disques de rock qui permettent à Johnny de faire son apprentissage de rockeur. Il devient dans le même temps possesseur d'une collection de disques alors inconnus en France.

 

Eddy Mitchell se souvient à ce propos : « Johnny avait beaucoup de disques américains qu'on ne pouvait pas acheter en Europe, ce qui me permettait d'écouter tout ce que je ne pouvais pas écouter autrement, si bien qu'on passait souvent des après-midi et des soirées à écouter Presley, Bill Haley et des tas d'autres trucs qui n'étaient pas encore disponibles chez nous ».

À partir de 1958, Johnny fréquente ce qui bientôt devient le lieu culte du rock français :

le Golf-Drouot, d'Henri Leproux.

C'est là qu'il retrouve d'autres copains, futurs confrères et concurrents :

Long Chris, Dany Logan, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell.

Sur le tremplin, s'inspirant de ses idoles, il chante des reprises et adaptations françaises du répertoire américain en s'accompagnant à la guitare À l'Orée du Bois, durant les changements de costumes de Desta et Lee, Johnny chante Elvis, sous les sifflets du public.

Dès le second soir, il est renvoyé.

Accompagné par Philippe Duval, son premier guitariste, il cherche à se produire dans divers clubs mais, partout le scénario est identique : on le refuse où il est remercié.

Il obtient ses premiers succès publics en chantant pour les GIs dans les bases américaines.

Le 30 décembre 1959, il participe à l'émission radio Paris cocktail de Pierre Mendelssohn, avec en vedette Colette Renard. Il chante Viens faire une partie. Les auteurs-compositeurs Jil et Jan, enthousiasmés par sa prestation, le présentent à Jacques Wolfsohn de la maison de disques Vogue.

 

A 16 ans, Jean-Philippe Smet alias Johnny Hallyday est loin d'être la star que l'on connait aujourd'hui. Le jeune chanteur frappe à toutes les portes et tente sa chance dans divers clubs. Sa carrière débute grâce à son passage dans l'émission radio Paris cocktail.

 

Naissance d'une rock star

 

Le 30 décembre 1959, depuis le cinéma Marcadet Palace, Johnny Hallyday participe à l'émission radio Paris cocktail animée par Pierre Mendelssohn. Le jeune homme se produit devant le public de la vedette Colette Renard. Il interprète un morceau que Pierre Mendelssohn a adapté de Party, chanté par Elvis Presley, Viens faire une partie.

Sa prestation lui vaut d'être remarqué par Jil et Jan. Les deux auteurs-compositeurs le présentent à Jacques Wolfsohn de la maison de disques Vogue. Le label français produira également Jacques Dutronc et Françoise Hardy. Le 16 janvier 1960, il signe son contrat avec Vogue et connait son premier grand succès Souvenirs, souvenirs, en juin 1960.

 

Années Vogue (1960-1961)

Le 16 janvier 1960, Johnny, encore et pour peu de temps « Halliday », signe un contrat avec Vogue. Quelques semaines plus tard, il participe à Namur, en Belgique, à un show-radio, la maison de disque Vogue proposant quatre artistes, dont Jean-Jacques Debout et Johnny Halliday (il chante un seul titre).

Son premier disque, un super 45 tours sort le 14 mars. Sur la pochette, son nom est, par erreur, orthographié avec deux « y », graphie qui sera, dorénavant et définitivement, adoptée. T'Aimer follement (titre également chanté par Dalida, son disque est sorti en févrie), est la chanson promue.

 

L'accueil des radios est très défavorable voire franchement hostile, Johnny provoquant un choc de générations, alors que les auditeurs réclament de l'André Claveau ou du Georges Guétary. Seule l'émission Salut les copains, quotidiennement programmée sur Europe N°1, fait figure d'exception ; dès la parution du disque le chanteur est largement soutenu par les présentateurs Daniel Filipacchi et Frank Ténot.

En avril, le chanteur obtient son premier contrat professionnel de 500 nouveaux francs et se produit, les 16 et 17, au Cabaret l'Escale à Migennes, (Johnny Hallyday 1960 : À la Roche-Migennes).

(photos ci-dessous)

 

 

Le lendemain, parrainé par Line Renaud, il fait sa première télé dans L'École des Vedettes d'Aimée Mortimer. Elle le présente comme un chanteur d'origine franco-américaine— plus tard, sur les conseils de Charles Aznavour, Johnny rétablit la vérité sur ce demi-mensonge. Il chante Laisse les filles en jouant de la guitare tout en se roulant par terre, ce qui défraie la chronique mais aussi dope les ventes du disque qui, de trente mille exemplaires déjà vendus, passent en quelques jours à cent mille.

       

Souvenirs, souvenirs, son nouvel EP (sorti en juin), offre au chanteur son premier succès, tandis que son impresario Georges Leroux lui décroche de nombreux galas.

Johnny est engagé en première partie de la tournée de Sacha Distel, avant de se produire durant l'été au casino de Juan-les-Pins. Durant cette tournée, on assiste aux premiers mouvements de foule. Ses prestations sont marquées par de nombreuses mini-émeutes, émaillées de multiples dégradations par ses admirateurs.

  

La presse, unanimement hostile, parle d'hystérie collective pour dépeindre l'ambiance de ses galas. En septembre, durant trois semaines, à l'Alhambra, il est programmé en vedette américaine de Raymond Devos.

Son jeu de scène divise une fois de plus le public. Au balcon, si les plus jeunes sont enthousiastes et le lui font savoir avec véhémence, en revanche, au parterre, les aînés indignés le huent. Le tollé est tel que la direction veut supprimer Johnny du programme. Raymond Devos s'y oppose et Hallyday va jusqu'au bout de son engagement.

Après le succès de Souvenirs, souvenirs et la sortie en octobre d'un troisième 45 tours (Itsy bitsy, petit bikini), d'autres émissions de radio vont le programmer.

Ce même mois, sort son premier 33 tours 25 cm Hello Johnny. Cette fois encore, avec la chanson Itsy bitsy petit bikini, Johnny Hallyday est en concurrence avec Dalida (sa propre version est sortie un mois plus tôt) et Lucien Morisse, directeur des programmes d'Europe no 1 et compagnon de Dalida après la diffusion du disque de Johnny, le 11 octobre, dans son émission Le Discobole, excédé, casse le disque en direct à l'antenne en déclarant « C'est la dernière fois que vous l'entendez. »

En novembre, le chanteur se produit plusieurs jours à l'Alcazar de Marseille, où il confirme son succès naissant, avant de s'imposer à Monte-Carlo.

Autour de Johnny Hallyday, le 24 février 1961 est organisé le Premier festival international de rock au Palais des sports de Paris dans une ambiance survoltée et explosive où bagarres et arrestations sont nombreuses.

L'événement, qui lance véritablement le rock en France, est gravé sur le disque Johnny Hallyday et ses fans au festival de Rock'n'Roll.

Vraisemblablement il s'agit du premier album live de rock au monde, si ce n'est qu'il est enregistré en faux live et de facto devient le premier faux live de l'histoire internationale du rock.

À cette époque, le marché du disque est dominé par les vinyles 25 cm et les EP et la publication d'un 33 tours 30 cm témoigne de la notoriété d'un artiste et de sa reconnaissance. C'est ainsi qu'Hallyday voit confirmé son récent statut de vedette, avec la sortie de son premier album Nous les gars, nous les filles.

Pour autant un profond désaccord oppose Vogue et le chanteur. Désormais, Johnny n'est plus seul en France sur le marché du rock et la concurrence est rude, notamment celle du groupe d'Eddy Mitchell, Les Chaussettes noires. Aussi demande-il davantage de musiciens et des arrangements plus sophistiqués, avec saxophones et claviers. La réponse est « Tu fermes ta gueule et tu chantes », à quoi il réplique : « Je ne vois pas comment je peux chanter en fermant ma gueule » et part pour ne plus revenir.

Johnny Hallyday, âgé de 18 ans, professionnel depuis à peine plus d'un an, a déjà enregistré 36 chansons et vendu un total de 1 673 000 disques.

Sur fond de procès avec Vogue, il signe chez Philips le 19 juillet 1961. Johnny Stark devient son nouvel imprésario, tandis que Vogue sort un troisième et dernier 25 cm, Tête à tête avec Johnny Hallyday.

« L'idole des jeunes » (1961-1964)

 

 

Alors que de nombreux incidents parsèment toujours ses apparitions et que plusieurs villes (Biarritz, Bayonne, Strasbourg, Cannes...) lui ferment leurs portes, Johnny enregistre, aux studios Fontana à Londres, son premier disque Philips Viens danser le twist, qui sort le 20 septembre 1961.

 

 

 

Le jour même et jusqu'au 9 octobre, il est le premier artiste de sa génération à se produire en vedette à l'Olympia de Paris, où il lance le twist en France.

 

 

 

Pour Noël, sort l'album Salut les copains, titre qui se veut un clin d'œil reconnaissant à la célèbre émission radio. La chanson Retiens la nuit s'impose particulièrement et marque sa carrière. Si ce n'est pas la première chanson douce du rockeur, écrite par Charles Aznavour et Georges Garvarentz, elle fait date et lui vaut un regard des critiques plus clément. Son jeu de scène et les débordements que provoquent ses apparitions publiques sont toujours dénoncés, mais on souligne aussi, à présent, ses qualités vocales et son talent d'interprète. Désormais, il alterne chansons rythmées et chansons sentimentales, suivant en cela le conseil de Charles Aznavour, chanteur lui aussi contesté à ses débuts (25 cm Retiens la nuit).

Au printemps 1962, il enregistre à Nashville l'album Sings America's Rockin' Hits, chanté entièrement en anglais. Jamais encore un tel disque n'a été réalisé à l'attention du public français, alors peu enclin aux chansons en langue étrangère et, s'il ne bouleverse pas les ventes, l'opus obtient un réel succès d'estime et est distribué dans de nombreux pays .(Japon, Royaume-Uni, États-Unis...).

En avril, Johnny reçoit son premier disque d'or pour Let's Twist Again, avant de retourner aux États-Unis pour une tournée de promotion, où il participe à plusieurs émissions, dont l'Ed Sullivan Show, qui est tourné au Moulin-Rouge, en France .

Les succès s'enchaînent : Laissez-nous twister, Pas cette chanson, Elle est terrible et surtout L'idole des jeunes, une appellation qui, désormais, va durablement lui coller à la peau. Nanti de ce nouveau titre, il investit l'Olympia du 25 octobre au 12 novembre 1962, où (après le twist), il lance le mashed potato.

 

   Olympia 1962

Sur le titre La bagarre, il se met en scène dans une rixe avec des voyous et sur I Got a Woman, à genoux devant sa guitare, il mime la scène finale de La Fureur de vivre. Ce second Olympia est un nouveau succès public et les critiques soulignent d'évidentes qualités scéniques (Johnny à l'Olympia).

 

Début 1963, il chante au Palladium de Londres, puis s'envole pour le Liban pour une série de galas. Arrivé à Beyrouth, on lui annonce que sa venue crée des troubles politiques et que les représentations sont annulées. Indésirable, il rentre en France, où l'incident fait débat à l'Assemblée nationale.

                    

Le Palladium à Londres                                               Place de la Nation à Paris

 

Pour le premier anniversaire du magazine Salut les copains, Europe no 1 organise, le 22 juin 1963, un concert gratuit place de la Nation, réunissant (notamment), Sylvie Vartan, Richard Anthony, les Chats sauvages et Johnny Hallyday. Alors que quelque trente mille personnes sont attendues par les organisateurs, la manifestation rassemble entre cent cinquante mille et deux cent mille jeunes. Le retentissement est considérable et, si le concert lui-même se déroule sans incidents, des heurts ont lieu en périphérie entre bandes rivales.

Le lendemain et les jours suivants, dans la presse, le concert passe au second plan, on ne retient de l'événement que les dégradations et les interpellations de blousons noirs par la police. Le quotidien Le Monde, le 6 juillet, publie un long article du sociologue Edgar Morin dans lequel l'auteur invente et sacralise l'expression yéyé qui s'impose de facto pour qualifier cette génération et ses idoles, en raison des nombreuses onomatopées qui parsèment leurs chansons.

D'onomatopées, il en est encore question avec le nouveau succès de Johnny Da dou ron ron, son premier à rester huit semaines no 1 dans les hit-parades (25 cm Da dou ron ron).

                        

La tournée d'été, toujours mouvementée, crée une nouvelle polémique après son passage à Trouville, où en ce 14 juillet il interprète La Marseillaise ; ce qui lui vaut les foudres des anciens combattants, qui l'accusent de l'avoir chantée en rock. L'initiative fait scandale et l'incident est commenté au journal télévisé du soir. Le chanteur est en vedette dans le film D'où viens-tu Johnny ?. Pour moi la vie va commencer et Ma guitare, extraits de la BOF éponyme, sont à l'automne deux énormes succès.

               

 

Début 1964, sort le 25 cm Les guitares jouent, enregistré avec son nouveau groupe Joey and the Showmen.

Pour la première fois, avec Quand je l'ai vue devant moi, il chante une adaptation d'une chanson des Beatles (I Saw Her Standing There) et donne dans le country blues avec Excuse-moi partenaire. Le succès, tant public que critique, est au rendez-vous de son troisième Olympia, où il se produit du 6 février au 15 mars. (Johnny Hallyday Olympia 64).

                   

 

Il donne encore quelques galas en province, à l'issue desquels il est incorporé, le 8 mai, au 43e régiment d'infanterie de marine d'Offenbourg (le chanteur a bénéficié d'un report d'une année afin de pouvoir honorer tous ses engagements). Enregistré avant son incorporation, sort début juillet l'album Johnny, reviens ! Les Rocks les plus terribles.

L'opus entièrement rock 'n' roll, propose des adaptations de standards américains. L'armée profite du passage dans ses rangs pour dix-huit mois de la célèbre recrue pour tourner des petits films de propagande bon enfant, à l'attention de la jeunesse, ainsi que quelques émissions de variétés réalisées en direct de la caserne, et, à la condition qu'il pose en tenue militaire sur les pochettes de disques, il obtient l'autorisation de poursuivre ses enregistrements. C'est durant cette période qu'il grave l'un de ses plus grands succès, Le Pénitencier, extrait du 25 cm éponyme.

 

          

 

 

Le service national attend le « fiancé » et Johnny Hallyday, le 8 mai 1964 est incorporé, pour dix-huit mois, au 43e régiment d'infanterie de marine d'Offenbourg. Sylvie Vartan désapprouve : « Si cela n'avait tenu qu'à moi, Johnny ne serait pas parti. (..) C'est une perte de temps. Pourquoi couper ainsi les garçons de leurs études, de leur métier, de leur famille ? ».

                              

        

 

              

Le soldat Smet obtient une permission spéciale, pour épouser Sylvie Vartan le 12 avril 1965, à la mairie puis l'église de Loconville, petite ville de l'Oise (où les parents de la chanteuse possèdent une propriété, le manoir de Gagny) envahie pour l'occasion par une foule de journalistes et de badauds . Luce Dijoux, Mercedes Calmel-Rougerie, Jean-Marie Périer et Carlos sont leurs témoins. Les parents biologiques de Johnny Hallyday sont absents.

 

Le 20 août, Hallyday achève son service militaire et reprend aussitôt ses activités de chanteur, scènes et séances d'enregistrements se succèdent. En cette période son succès n'est pas toujours probant, jusqu'à ce que « l'affrontement » par chansons interposées avec Antoine ne le relance.

Errances musicales et reconquête (1965-1968)

Johnny Hallyday et Sylvie Vartan se marient le 12 avril 1965, à Loconville, envahie pour l'occasion par le public et la presse.
 
 De la famille du chanteur, seuls sont présents : Hélène Mar (sa tante qui l'a élevé), Desta et Lee Hallyday, leurs enfants Micky et Carol.
 
La mère de Johnny Hallyday, avec son époux, suit le mariage de son fils à la télévision, chez elle à Viviers, en Ardèche. Rétrospectivement, Johnny Hallyday écrira regretter que sa mère ait été absente à son mariage : « Mon père Léon est absent. Ma mère Huguette, également.
 
J'aurais dû avoir le courage d'imposer ma vraie mère. Elle méritait de venir au mariage de son fils. Mais tout le monde, ou presque, était contre. On lui en voulait de m'avoir "abandonné" jadis. J'ai cédé, lâchement, à diverses pressions.
 
La veille, Sylvie et moi avions reçu un émouvant télégramme : "Suis de tout cœur avec vous. Vous embrasse tendrement. Maman." Je m'en veux.
 
Je m'en voudrais encore plus la semaine suivante en lisant Paris-Match. Un reportage de dix pages... Dans la dernière double, un gros titre : "Johnny le sans famille en trouve une : les Vartan.
 
Sa mère pleure sur le passé." L'effet photo me scie en deux. [...] Huguette, regarde mon mariage à la télévision en compagnie de Jean-Christophe et d'Olivier mes demi-frères. Elle essuie ses larmes avec un mouchoir blanc... La véritable histoire de ce cliché n'est pas très digne. En fait, deux reporters de Match sont présents dans la pièce. Maman est émue, mais elle ne pleure pas ! [...] Comment lui tirer des larmes pour voler une image forte ? [...] "Mme Galmiche, vous avez quelque chose à un coin de l'œil droit" [...] Elle sort son mouchoir et s'essuie machinalement. Clic-clac, merci Kodak ! »
 
 
L'album Hallelujah sort le 9 juillet 1965. S'il est toujours militaire, c'en est fini des poses en tenue règlementaire et sur la pochette Hallyday apparaît guitare à la main, vêtu d'un blouson et d'un blue-jeans.
 
                
   
Libéré le 20 août, le chanteur reprend aussitôt ses activités et le 28, il est sur la scène du casino de Juan-les-Pins. En novembre sort un second album Johnny chante Hallyday qu'il a entièrement composé et qui marque le début d'une longue collaboration artistique avec son ami Long Chris.
 

Le chanteur se produit à partir du 18 octobre à l'Olympia, durant plus d'un mois. Musicalement Hallyday évolue vers le rhythm and blues, son tour de chant est entièrement renouvelé et les anciennes chansons sont expédiées en un medley qui ouvre le récital. Seul le hit Le Pénitencier parmi les anciens succès est présent et le public, quelque peu dérouté, ne retrouve pas le copain Teenager. Son retour laisse une impression mitigée.

En ce début d'année 1966, plus rien ne semble aller pour lui : ses ventes de disques connaissent une forte baisse et multipliant les galas, il ne joue pas toujours à guichet fermé. En cette période difficile, Hallyday se produit dans plusieurs pays étrangers, notamment en Europe de l'Est. Arrive alors un nouveau chanteur nommé Antoine qui connait un succès fulgurant avec le titre Les Élucubrations d'Antoine, où au détour d'un couplet, il propose d'enfermer « Johnny Hallyday en cage à Medrano ». Peu après, Hallyday réplique avec le titre Cheveux longs et idées courtes qui connait un succès égal.

Johnny, en août, enregistre un nouvel album à Londres. Il y fait la connaissance de Noel Redding et Jimi Hendrix, qu'il contribue à faire connaître en les engageant dans sa tournée.

Une plaque commémorative au Novelty de la rue Chartraine à Évreux, évoque le premier concert de la toute première tournée d'Hendrix le 13 octobre 1966, en première partie de Johnny Hallyday. Si professionnellement cela va mieux, il n'en est pas de même côté vie privée.

Alors que son fils, David, naît le 14 août, lui chante à Milan. Le lendemain, pour quelques heures il est au chevet de Sylvie, puis s'envole pour Venise, où il se produit le soir même.

                         

La presse se fait l'écho d'une séparation imminente alors que le fisc lui réclame un lourd arriéré d'impôts. Le 10 septembre, Johnny doit chanter à la fête de l'Humanité ; épuisé par le rythme des galas et profondément déprimé, à quelques heures de la représentation, il tente de se suicider puis est hospitalisé d'urgence.

Ci-dessous : Johnny sur son lit d'hôpital

 

C'est dans ce contexte, que Philips sort le titre Noir c'est noir, qui devient un énorme tube (le plus important depuis Le Pénitencier).

 

 

Après quelques semaines de convalescence, à l'occasion d'un Musicorama Johnny chante à l'Olympia le 18 novembre, accompagné par une nouvelle formation, les Blackburd, que dirige le guitariste Mick Jones et le batteur Tommy Brown.

C'est un Johnny nouveau qui apparaît, son récital, sur des sonorités pop et rhythm and blues, est totalement inédit, son jeu de scène est renouvelé, son chant aussi. Désormais Hallyday « donne de la voix » et à force de débauches d'énergies, il emporte l'adhésion.

 

Cette représentation à l'Olympia relance totalement sa carrière. Le lendemain, l'album La Génération perdue est commercialisé. Ce disque, qui regorge de hits et de titres pour la scène demeure l'un des plus importants de sa production. L'année s'achève sur un autre grand succès, Si j'étais un charpentier.

                        

Enregistrée à Londres en décembre, avec la participation de Jimi Hendrix, l'adaptation de Hey Joe est un nouveau tube pour Hallyday au printemps 1967.

                   

La séparation entre Sylvie et Johnny n'est plus d'actualité et le couple se produit à l'Olympia du 15 mars au 16 avril. Johnny assure la seconde partie et commence son tour de chant avec Les coups, qu'il entame depuis les coulisses, le son allant crescendo à mesure qu'il avance vers la scène.

Côté orchestration, priorité est donnée aux cuivres sur des tonalités très soul(Olympia 67). Fort de ce succès, le couple entame une tournée sud américaine de plusieurs semaines. Amour d'été, adapté d'un classique d'Elvis Presley et Aussi dur que du bois sont les titres forts du nouvel album Johnny 67, qui confirme son orientation vers la musique soul.

À l'automne, avec San Francisco et Fleur d'amour et d'amitié imposées par sa maison de disques, le rockeur cède à la mode hippie, alors que Mon fils et Psychedelic — titre sur lequel joue le guitariste Jimmy Page— complètent ce nouvel EP. Europe no 1 lui consacre, le 14 novembre, un Musicorama exceptionnel organisé au Palais des sports de Paris. 450 projecteurs et 800 phares de voitures dressés tel un mur au fond de la scène servent de décors. Pour la première fois, il utilise des écrans sur lesquels sont projetés une multitude d'images disparates. Le récital très contrasté alterne séquences peace and love et rock psychédéliques et violents. Johnny quitte la scène après un Lucille déchaîné, et s'effondre au bord de la syncope dans la voiture qui l'emporte. La presse française et internationale commente largement la prestation d'Hallyday qui acquiert ses galons de bête de scène. (Johnny au Palais des sports).

À ce moment de sa carrière, un constat s'impose. Depuis deux ans, Johnny Hallyday est de toutes les influences musicales de l'époque : rhythm and blues, musique pop, musique soul, rock psychédélique et il n'a plus enregistré de rock 'n' roll depuis Rock and Roll Music (1965) et, bien qu'il ait repris à la scène le classique de Little Richard Lucille, il faut attendre l'album Rêve et amour et la chanson Cours plus vite Charlie pour qu'il y revienne furtivement.

                            

Rocks violents et chants contestataires (1969-1971)

En février 1969, Johnny Hallyday reprend la scène, d'abord au Canada, puis en France, où il rode son nouveau tour de chant, avant de se produire au Palais des sports de Paris du 26 avril au 4 mai. Un nouveau guitariste (remarqué en février au Golf-Drouot), a intégré la formation ; nommé Jean-Pierre Azoulay, il va fortement marquer le « son Hallyday » au cours des années à venir. Au Palais des sports, l'artiste propose un spectacle totalement inédit. Évoluant sur plusieurs scènes reliées à la principale, sur l'une d'elles, il interprète Caché derrière mes poings chanson dédiée au « noble art », sur laquelle il se met en scène en boxeur. Que je t'aime alors inédite fait grosse impression et compte parmi les moments forts du tour de chant. 100 000 spectateurs assistent à ce qui est véritablement son premier « grand » spectacle qualifié par le magazine Rock & Folk de « show de l'an 2000 ». (un live nommé Que je t'aime sort en novembre).

                    

 

En cette période post-soixante-huitarde, Johnny Hallyday s'oriente vers un rock plus dur, plus violent, plus engagé. Communément appelé Rivière… ouvre ton lit, un nouvel album très blues rock, pour lequel il s'est entouré de nombreux musiciens anglais, notamment Peter Frampton et Steve Marriott, sort en mai. Aux manettes Glyn Johns, producteur, ingénieur du son ayant collaboré avec la crème de la musique pop rock (The Beatles, The Rolling Stones, Led Zeppelin...) c'est à l'époque un disque très novateur dans le paysage rock français.

               

Si le disque offre au chanteur nombre de chansons pour la scène, seul Je suis né dans la rue accède au rang de tube et devient un classique de son répertoire. La chanson Que je t'aime diffusée en 45 tours en juin, obtient un grand succès et demeure l'une des plus célèbres de l'interprète. Sa tournée d'été bat des records d'affluence et Que je t'aime déclenche d'authentiques scènes d'hystérie et nombre d'évanouissements. Le spectacle achevé, Hallyday est très souvent évacué en car de police pour échapper à l'enthousiasme des fans.

 

En 1968, Johnny confirme ses errances musicales tous azimuts, avec plusieurs Maxi 45 tours, qui précèdent la sortie, en juin, de son neuvième album studio Jeune Homme, avec lequel il poursuit sa période psychédélique qu'il parachève avec l'emblématique album Rêve et amour qui paraît en octobre. La pochette du disque, mi-photo mi-dessin, est fortement influencée par celle de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles. Johnny y apparaît vêtu d'une tunique couverte de médaillons aux effigies de nombreuses personnalités de la chanson, du cinéma, de la politique...

Les titres Entre mes mains, Fumée et Cours plus vite Charlie, s'imposent au public. Ce dernier est l'unique reprise d'un disque qui initialement devait être enregistré en anglais.

          

Lors des Jeux olympiques d'hiver de 1968 à Grenoble, il se produit le 10 février dans l'émission Musicorama d'Europe 1 où il chante Mon fils, Si j'étais un charpentier, ou encore Le Pénitencier. Le 10 mai 1968, lors de sa troisième tournée en Afrique, Hallyday est expulsé du Cameroun à la suite d'une rixe avec le ministre centrafricain de la Fonction publique à l'hôtel Indépendance de Yaoundé.

En concert à Johannesburg, en octobre, ébloui par un projecteur, Johnny tombe dans la fosse d'orchestre et se fracture un pied.

           

Il termine malgré tout la représentation et c'est dans le plâtre qu'il honore chacun de ses engagements en Afrique du Sud. Contre l'avis des médecins, il fait de même en France, jusqu'à ce que, victime d'un malaise, il s'effondre sur la scène du Palais d'Hiver à Lyon. Cet incident l'oblige à plusieurs semaines de repos forcé, durant lesquelles il travaille avec Mick Jones et Tommy Brown à la formation d'un nouveau groupe.ommy Brown à la formation d'un nouveau groupe.

Johnny Hallyday au Palais d'hiver à Lyon

 

 

En 1970, sa collaboration avec le journaliste, écrivain et cinéaste Philippe Labro poursuit cette évolution et marque grandement sa carrière. Amis, ils partagent une passion commune pour l'Amérique, et les textes écrits par Labro donnent aux chansons d'Hallyday plus de profondeur, révélant un nouvel aspect du chanteur. La première chanson Labro-Hallyday à être diffusée leur attire bien des problèmes.

Alors que la face B du 45 tours On me recherche (qui raconte le périple d'un truand et ose quelques insolences envers la police), passe sans encombre, il n'en est pas de même pour le titre Jésus Christ, sur lequel Johnny chante que « si le christ vivait encore aujourd'hui, il serait un hippie », ce qui déclenche polémiques et scandales.

La chanson s'attire les foudres de l'église et le Vatican menace d'excommunier l'auteur et l'interprète. Interdit d'antenne, le disque est retiré des rayons dans plusieurs magasins. Cette censure dope les ventes. Cependant, s'il ne la clame pas, Johnny Hallyday n'a jamais caché sa foi catholique.

Un nouvel album, intitulé Vie, sort en novembre.

 

Le disque diffère des productions précédentes du chanteur ; plus engagé plus contestataire, l'opus évoque des problèmes contemporains comme l'écologie ; sur C'est écrit sur les murs, il chante la fracture de la génération 1968 d'avec ses aînés. Poème sur la 7e, dit sur le 2e mouvement de la symphonie no 7 de Beethoven, parle du monde après une catastrophe nucléaire. Essentiellement écrit par Philippe Labro et Jacques Lanzmann (écrivain et parolier attitré de Jacques Dutronc), Vie est l'une des plus fortes ventes de cette fin d'année. L'année est également marquée par le cinéma, où pour la première fois le chanteur trouve deux véritables rôles : il incarne un justicier dans Le Spécialiste, western spaghetti de Sergio Corbucci et un voyou repenti dans Point de chute, drame policier de Robert Hossein.

 

 

Le 20 février 1970, Sylvie Vartan et Johnny Hallyday se rendent à Belfort pour un gala et sont victimes d'un grave accident de la route.

         

Si lui n'est que très légèrement touché, c'est beaucoup plus grave pour Sylvie, sérieusement blessée au visage. Des spécialistes américains en chirurgie esthétique parviennent, après plusieurs opérations, à lui rendre son visage.

Début 1971, l'affiche d'une tournée aux Antilles et au Canada fait scandale : Hallyday y apparaît crucifié sur une guitare. À Pointe-à-Pitre, le spectacle se transforme en émeutes et durant les étapes canadiennes les incidents sont également nombreux. Le succès de la chanson Oh ! Ma jolie Sarah est fulgurant et s'inscrit parmi les plus gros succès de la décennie.

        

Elle précède la sortie en juin de Flagrant délit, un album exclusivement rock, entièrement écrit par Philippe Labro. Johnny Hallyday a longtemps dit que Flagrant délit était son album préféré (jusqu'à ce que Rock'n'Roll Attitude ne prenne cette première place).

L'artiste chante au Palais des sports de Paris du 21 septembre au 14 octobre. Jamais encore il ne s'était produit dans la capitale sur une aussi longue période. Le son, volontairement poussé dans le rouge confirme une orientation musicale où la violence va crescendo. En fin de spectacle, le chanteur interprète un Medley Rock'n'Roll en anglais, sur lequel, chaque soir, l'accompagne au piano Michel Polnareff. Au cours de la dernière représentation, Johnny multiplie les standards américains et reste en scène plus de trois heures et demie. (Live at the Palais des sports).

       

 

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