Huguette Clerc, maman de Johnny Hallyday

Hugette Eugénie Pierrette Clerc est née le 19 mars 1920 rue Belleville à Paris, porte le nom de famille de sa mère.

Elle quitte sa mère ainsi que l'école à 16 ans.

Devenue aide vendeuse, elle tombe amoureuse d'un client belge de la boutique, Léon Smet, le futur père de Jean-Philippe.

Séduite par cet homme, elle s'installe avec lui, en juillet 1942 au 18eme arrondissement, rue Cyrano de Bergerac, seulement cet homme est déjà marié mais ne l'a pas avoué à Huguette.

Il lui jure de divorcé pour pouvoir épousé Huguette.

Huguette tombe enceinte et le couple déménage pour un atelier de peinture à Pigalle.

Léon ne se senti pas prêt à devenir père.

Il change d'attitude et devint taciture et rentre très régulièrement ivre, de plus il la trompe.

Cependant, Léon épousa Huguette pour permettre à son fils de porté son nom.

Puis quelques mois suivant le mariage, Léon abandonne mère et enfant.

La seule consolation qu'aura Huguette après cet abandon, est que son fils porte le nom de son père.

Ce fut un destin tragique et émouvant d'une femme trahis et blessée.


Huguette Smet fût aidée financièrement par Hélène Mar (Soeur aînée de Léon Smet), puisque  pendant cette période Paris est sous l'occupation Allemande.


Plus tard, Huguette décide de confié Jean-Philippe à Hélène, qui accueillera l'enfant à coeur joie.

La séparation entre la mère et l'enfant se fera de façon très progressive. Ils se retrouveront beaucoup plus tard.

Après quelques années, Huguette refit sa vie, trouva l'amour et voulut récupérer son fils. D'une part, cela ne plaisait qu'à moitié à son nouveau mari. D'autre part, il apparaissait que le départ du petit provoquait un véritable drame pour la tante Hélène. Huguette accepta de laisser l'enfant aux soins de sa tante.

En 1948, les cousines étant devenues danseuses avaient un contrat à Londres où la tante Hélène les accompagna, en emmenant l'enfant. Dans le petit hôtel londonien, Desta rencontra puis épousa un danseur américain qui se produisait sous le nom de Lee Halliday. Avec un petit i. Lorsqu'il commença à chanter, le petit Jean-Philippe prit le nom de son cousin Lee. Faute de frappe sur le premier disque, le petit i devenait un y et Johnny devenait Hallyday. Quant à Huguette, son mari l'installa dans la région de Grenoble où elle eut deux autres fils.

Remariée à M. Galmiche, Huguette a donné deux demi-frères à Johnny.

Détail amusant, les deux demi-frères de Johnny Hallyday sont devenus des contrôleurs des contributions.

Elle vit actuellement près de Montélimar et vient systématiquement à Paris pour assister aux premières de son fils..

Après son mariage avec Laetitia et son installation dans une maison de Marnes-la-Coquette, Johnny Hallyday voulut reprendre sa mère chez lui. Elle était devenue veuve, était déjà malade et se déplaçait dans un fauteuil roulant. Cette femme et ses deux autres fils ont mené la plus discrète des existences. Huguette n'a jamais accordé une interview de sa vie. Quelques fois seulement, on l'a vue en photo dans les magazines. La dernière fois, c'était à l'époque du spectacle de Johnny Hallyday au Stade de France en 98.

En 2006, la santé de sa mère déclinant, le chanteur fut contraint de la laisser aux soins d'une institution spécialisée. Mais, comme il l'a fait ces derniers jours, il l'emmenait avec lui en vacances. Ses dernières journées ont été de belles journées.

Sa mère, née Huguette Clerc, est morte alors qu'elle accompagnait son fils en vacances dans les îles, à Saint-Barthélemy. Discrète mais très proche du chanteur, elle était âgée de 88 ans.

            

Hugette Clerc s'éteigna le 03 spetembre 2007.

 

Biographie de son père Leon Smet

 

 

 

Léon Smet, né le 3 mai 1908 à Schaerbeek et mort le 8 novembre 1989 à Bruxelles, est un comédien, danseur, chanteur et réalisateur belge.

Il est le fils de Jules De Smet, peintre-décorateur et photographe. Il suit les cours de dessin le soir à l'Académie royale des beaux-arts de Gand sous la direction de Jean Delvin. 

 

 

 

Portrait

À l'opposé de son frère Gustave, Léon De Smet est primesautier, pétulant, habile, il démarre en flèche.

À Londres, le succès de sa peinture ne peut lui enlever le goût amer de la nostalgie du pays de la Lys. Entouré de peintres convertis à l'expressionnisme, il demeure lui-même, une intransigeante probité d'artiste gouverne sa démarche et jamais il ne triche avec les sollicitations de sa sensibilité. Exigeant à l'extrême, il ne livre les conclusions de ses recherches que lorsqu'il a la conviction qu'elles sont en accord avec sa nature véritable. Pareille attitude d'esprit doit être soulignée.

Sous ses cheveux blancs, cet homme mince et alerte rend des points à bien des jeunes gens. Après l'ouvrage quotidien — car il est demeuré très travailleur — ses distractions sont modestes : une halte au café du village, un peu de jardinage, mais surtout une partie de billard.

Son parcours de peintre

Ses débuts

1892 : il peint un Autoportrait
1896 : il dessine Portrait de mon frère Gustave
1901 : il peint Femme sur un sofa
1905 : il peint Portrait de Madame Valta

Laethem-Saint-Martin

Il arrive à Laethem en 1906 rejoindre son frère Gustave (1877-1943) qui y réside depuis 1901, ils y trouvent Frits van den Berghe (1883-1939) et forment avec lui le deuxième groupe de l'École de Laethem qui accueillera le Gantois Maurice Sys (1880-1972) en 1907, l'Anversois Constant Permeke (1886-1952) en 1909 et enfin le Gantois Albert Servaes (1883-1966) qui fréquente un peu le premier groupe depuis 1901. Le village est charmant et secret, éclairé par les nonchalants méandres de la Lys.

 Retour au pays

 Il se fixe à Bruxelles de 1926 à 1930 et s'installe à Deurle en 1930. À Bruxelles, l'aspect lumineux de sa peinture s'atténue au profit d'un expressionnisme de la ligne et du volume.

Il y trouve l'expressionnisme en pleine effervescence ; la peinture de ses amis et de son frère est transformée. La conscience d'un monde nouveau, qui se traduit par l'adoption d'une esthétique nouvelle, ne peut laisser indifférent un peintre aussi sensible que Léon de Smet. Sa production à cette époque est singulière et attirante, il incorpore les gammes hautes et claires dont il a la maîtrise à une plastique fortement écrite.

Ses paysages prennent un aspect puissamment souligné, ses figures acquièrent une fermeté et presque une rigidité impressionnantes. Des compositions, des nus, des natures-mortes témoignent aussi de cet effort réussi vers le style et l'expressivité. Entouré de peintres convertis à l'expressionnisme, il comprend et admire leur effort mais demeure cependant lui-même. Durant quelques années, il multiplie les toiles ainsi conçues, se crée un nouveau public. Les musées s'enrichissent de ses œuvres.

On peut croire qu'il a définitivement fixé ses moyens d'expression. Il n'en est rien. Sa sensibilité, sa bienheureuse versatilité le font évoluer progressivement. De cette époque datent des paysages recueillis, des intérieurs pleins de quiétude.

Dernier survivant, avec Permeke, de la fameuse École de Laethem, c'est lui que les jeunes peintres interrogent sur l'époque héroïque. Depuis 1930, date de son retour à Deurle où il ne tarde pas à se fixer dans un ravissant bungalow, cet auditoire ne cesse de s'étendre y compris parmi les personnalités artistiques à l'étranger comme chez nous. Le prestige du peintre y est pour beaucoup, mais c'est aussi l'ami que tous viennent voir.

Il est membre du cercle luministe Vie et lumière et peint à la manière impressionniste. Presque tout de suite, en tous cas bien avant 1914, Léon de Smet est en possession d'un métier solide et d'une technique très sûre. Déjà il expose avec un retentissant succès à la Biennale de Venise en 1909 et obtient à l'exposition internationale de Vienne en 1911 la médaille d'argent. Lorsqu'on revoit sa peinture d'avant 1914, l'aspect ferme, "écrit" des figures surprend agréablement.

Œuvres

 

Décorations

 

Il est nommé chevalier de l'ordre de la Couronne en 1920 et chevalier de l'ordre de Léopold en 1933.

 

 

Il épouse en première noces Nelly Debeaumont en 1929, en seconde noces Jacqueline Harpet en 1938, puis Huguette Eugénie Clerc en 1944.

                                 

De cette dernière union, naît Jean-Philippe Smet qui ne porte pas tout de suite le nom de son père, mais celui de sa mère. Séparé depuis quelques mois, à la demande de la mère, le couple se reforme le temps d'un contrat de mariage, le 7 septembre 1944 ; date à laquelle l'enfant prend officiellement le nom de Smet.

Huit mois après la naissance de son fils, il quitte sa femme qui doit alors reprendre une activité professionnelle. Celle-ci confie alors son fils à sa belle-sœur Hélène Mar.

Comédien, danseur et chanteur, Léon Smet apprend le chant et l'art dramatique au conservatoire de Bruxelles.

Ancien danseur dans la troupe de ballet du théâtre de la Monnaie à Bruxelles, il mène ensuite une carrière d'artiste de cabaret en Belgique puis en France, sous le pseudonyme de Jean Michel.

 

Pendant l'entre-deux-guerres, il acquiert une certaine réputation dans le milieu artistique belge.

En 1935, il ouvre à Bruxelles le cabaret Le Trou vert. Il est également proche des surréalistes belges. En 1937 il est l'acteur principal de Monsieur Fantômas, un court-métrage surréaliste réalisé par Ernst Moerman.

Au début de l'occupation allemande, Léon Smet, qui vit en France, connait des moments difficiles du fait de la fermeture des cabarets où il se produisait.

Son beau-frère Jacob Mar travaille alors à Radio-Paris - une station contrôlée par les Allemands - une collaboration pour laquelle il sera condamné après la guerre. Il aide en 1943 Léon Smet à obtenir le poste de responsable des programmes de Fernsehsender Paris, la chaîne de télévision allemande destinée aux troupes dans les hôpitaux, dont les studios sont situés dans la capitale, rue Cognacq-Jay.

 La maison de Léon De Smet à Sint-Martens-Latem.

 

Johnny Hallyday - Documentaire (Extrait de son père)

Tentative de suicide de Johnny Hallyday Septembre 1966

J’ai réellement voulu mourir. Ce n’était pas un faux suicide, une tentative piteuse et désespérée... Je n’ai jamais fait les choses à moitié.

» Ainsi Johnny Hallyday évoque-t-il sa tentative de suicide du mois de septembre 1966.

Le chanteur a alors 23 ans. Il a entamé, en janvier, une tournée mondiale de 82 dates, a sillonné l’Allemagne, la France, le Canada, l’Afrique ou encore l’Europe de l’Est.

En juin, en Pologne, il a subi les attaques d’un membre du Parti communiste et des bagarres ont éclaté. Jugé devant un tribunal expéditif, Hallyday est accusé de « troubles à l’ordre public », condamné à verser une amende et quitter le territoire.

Le 14 août, il apprend par son ami Carlos la naissance de son fils David. Mais l’inquiétude prend vite le pas sur la joie : moins d’un mois plus tard, Sylvie Vartan, mère de son fils, qu’il a épousée le 12 avril 1965, demande le divorce. En prime, le fisc réclame au rockeur quatre millions de francs d’arriéré.

Epuisé, sous pression, Johnny paie aussi son abus de substances en tout genre, consommées pour tenir le choc. « A l’époque, il voit aussi l’émergence de jeunes talents comme Claude François et Michel Polnareff avec angoisse. Il se sent menacé. C’est la fin d’une époque, une période de transition difficile.

Débordé, en grosse descente d’amphétamines et d’alcool, il aperçoit dans le miroir une gueule qui ne lui plaît pas. Il a le sentiment d’avoir tout raté et prend une décision radicale », nous raconte le journaliste Gilles Lhote, qui fut longtemps son ami, confident et auteur de plusieurs biographies, dont la dernière, judicieusement titrée Johnny le guerrier, vient de paraître chez Robert Laffont.

Allongé sur la moquette

Voilà ce que le guerrier confiera de cet épisode, quatre décennies plus tard, à sa biographe Amanda Sthers (Dans mes yeux, Plon, 2013) :

« Quand on est propulsé si vite sur le devant de la scène, le moindre passage à vide ressemble à la fin, à une chute. Ça ne marchait plus très fort, pour moi ça semblait dire que j’étais mort, alors autant l’être tout à fait. »

Le samedi 10 septembre, Johnny est attendu sur la scène de la Fête de l’Huma, à Vincennes. Dans sa salle de bains à Neuilly-sur- Seine, il avale une énorme dose de barbituriques, une demi-bouteille d’éther et s’ouvre les veines.

Ticky Holgado, son secrétaire de l’époque et Gill Paquet, son attaché de presse, ont beau tambouriner à la porte, il ne répond pas. Ils le trouveront allongé sur une moquette couverte de sang. Peu après, le rockeur, inanimé, est transporté d’urgence, en catimini, à l’hôpital Lariboisière. Lavage d’estomac et transfusion le tirent d’affaire.

Pendant la cure de sommeil prescrite dans une clinique de banlieue parisienne, Gill Paquet, toujours soucieux de l’image de son poulain, communique sur « le suicide par amour ». Les fans redoublent d’affection pour l’artiste désespéré. « Avec Johnny, le schéma sera toujours le même, note Gilles Lhote. Il touche le fond de la piscine, il est sur le point de se noyer, mais donne un grand coup de pied et renaît. Quand il est mal dans sa peau, il en change. Puis, cet homme unique, modèle absolu de persévérance, de volonté et de rage, effectue son grand retour, plus regonflé que jamais. »

Transporté dans le secret dans un hôpital parisien, le mari de Laeticia Hallyday avait passé trois semaines en cure de repos en Suisse.

Le retour ne tardera pas. Le 13 octobre, l’idole des jeunes joue à Evreux (Eure). Le 18 octobre, pale, amaigri, tout de noir paré, il s’offre un come-back triomphal à l’Olympia, à l’occasion d’un Musicorama spécial. Adaptation du hit de Los Bravos, Black is black, la chanson Noir c’est noir, à peine plus d’un mois après sa tentative de suicide, résonne étrangement. Tout comme Confessions, dans laquelle il clame : « Personne ne m’aime, je me sens si seul. » Boulevard des Capucines, le rockeur livre une performance éblouissante et vole la vedette à l’invité de sa première partie... un certain Jimi Hendrix ! C’est sa première résurrection.

Accident de la route (août 1967)

RECIT. Johnny Hallyday sort miraculé d'un accident de la route (août 1967)

 

En cet été 1967, Johnny est déjà une immense star. De la mi-mars à la mi-avril, il a électrisé l’Olympia aux côtés de Sylvie Vartan. Sa reprise du Hey Joe de Jimi Hendrix est un carton. Le 2 juillet sort Johnny 67, son neuvième album studio. Comme à son habitude, le showman multiplie les concerts pour en assurer la promotion. Parallèlement à son métier, il s’adonne à une autre passion : la course automobile. Après avoir couru le rallye de Monte-Carlo sur une Ford Mustang en janvier, il vient de participer à la course de côte du Mont-Dore en Auvergne. Alors, le 27 août au soir, quand il propose à son ami, le photographe Jean-Marie Périer, de couvrir avec lui les 800 kilomètres séparant Saint-Tropez de Bayonne, celui-ci est à peine étonné.

Il est deux heures du matin, dans la nuit du 27 au 28, le duo monte dans la Lamborghini Miura de la star. Un bolide dont le moteur V12 vous propulse à 280 km/h sans que vous ayez le temps d’attacher votre ceinture.

Le modèle de Johnny est le treizième fabriqué dans le monde et le premier livré en France. « C’est un tombeau allongé. T’as les maxillaires bloqués dès les premiers kilomètres, et de l’essence jusque-là », résumera en 2009 Périer dans le livre Johnny Hallyday vu par... (éditions Jean-Claude Gawsewitch). Notre bouillant pilote a prévu d’arriver à Bayonne vers midi, pour y préparer le spectacle qu’il donne le soir même aux arènes. Petite précision : il n’a pas dormi depuis trois jours et trois nuits.

 Vers 10 heures du matin, les compères sont en passe de réussir leur pari. Les Pyrénées s’étalent sous leurs yeux et ils s’arrêtent à Tarbes (Hautes- Pyrénées) pour boire un café.

Ce que Jean-Marie et Johnny ne savent pas, c’est que, à l’ouest de la ville, au niveau de la commune d’Ibos, la N117 réserve une surprise aux touristes de passage : la côte de Ger, une descente infernale particulièrement redoutée des autochtones.

Alors que la Lamborghini aborde une légère courbe à... 200 km/h, elle mord sur un talus. Déséquilibré, le « tombeau » est catapulté sur le bas-côté et s’enroule très violemment autour d’un acacia qu’il déracine.

Périer mettra l’accident sur le compte d’une hypothétique « flaque », faisant preuve de mansuétude à l’égard de la conduite virile de son pote. « Il m’a crié : “Sors de là, on va sauter !” Heureusement, il n’y avait presque plus d’essence dans la Lambo, sinon, on était morts, tous les deux. Moi, je suis plus ou moins passé au travers du pare-brise et je ne vois plus très bien."

« Je ne roulais pas vite ! »

De son côté, Hallyday se retrouve allongé, à moitié sur le bitume, à moitié sur le gazon. Les automobilistes qui sortent de leur voiture n’en croient pas leurs yeux : l’idole est peut-être en train de mourir devant eux. A quatre pattes, l’arcade sourcilière droite ouverte, vomissant, Périer le rejoint.

Johnny le rassure d’un : « J’ai rien ! » Puis il aide son camarade à s’allonger, retire sa veste en velours et l’étend sur lui. Il paraît même qu’il gueule partout : « Ecartez-vous, mon copain est en train de mourir ! » Le Fangio pyrénéen aura surtout ces mots magnifiques : « Je ne comprends pas. Je ne roulais pourtant pas vite, environ 180 ou 190 km/h... pas plus ! »

Les miraculés sont emmenés à l’hôpital de Tarbes où les médecins constatent un simple traumatisme à la jambe gauche pour Monsieur Smet. La République des Pyrénées du 29 août publie la photo d’un Johnny souriant, se promenant dans le parc de l’établissement avec une infirmière aux petits soins. Le temps de dédicacer une boîte de suppositoires (véridique !) et d’embrasser ses fans, le chanteur quitte les lieux en début d’après-midi au volant d’une Alfa Romeo, alors que Périer reste vingt-quatre heures en observation.

Un demi-siècle plus tard, Tony Frank, alors photographe officiel du rockeur, ne s’étonne qu’à moitié de l’épisode : « Il a toujours été un peu casse-cou et fou de vitesse, aussi bien à moto qu’en voiture. N’oubliez pas que nos idoles étaient James Dean ou Marlon Brando. » Johnny lui-même tranchera : « La mort ne veut pas de moi, même quand le destin m’envoie me fracasser contre un arbre à une vitesse de dingue. » Un mois après, il sera sur le tournage du film Les Poneyttes, dont le héros meurt dans un accident de voiture...

Dix accidents de voiture entre 1962 et 1970, dont un qui défigurera Sylvie Vartan, un tir au revolver qui aurait pu mal finir, sans oublier une tentative de suicide. Johnny Hallyday avait la fureur de vivre…

Il ne s’agissait pas là d’une dramatisation excessive destinée à vous tenir en haleine : dès ces années 60, Johnny a effectivement connu le drame, la tragédie. Et si la mort l’a épargné, elle l’a tout de même plusieurs fois frôlé de son aile noire… en attendant de venir frapper ses proches.

Mais doit-on s’étonner qu’un homme soit touché par la mort, alors qu’il ne cesse de la provoquer ? Ou, pire, de faire comme si elle n’existait pas ? Lorsque, en plus, ce même homme est passionné de bolides automobiles et de vitesse, là, on ne s’étonne plus du tout !

Hugues Vassal nous a raconté, il y a deux semaines, comment Johnny, une nuit, lui avait fait traverser Genève à plus de 100 km/h : « Mais c’était tout le temps comme ça ! s’exclame l’ancien photographe de France Dimanche. À chaque fois qu’il m’embarquait dans l’une de ses voitures, je pétais de trouille ! Parce qu’il était incapable de conduire autrement qu’à l’extrême limite de ses possibilités… Et s’il avait décidé de “s’éclater”, ce n’étaient pas les feux rouges qui pouvaient l’arrêter ! Je peux vous dire que, dans ces cas-là, tout le monde hurlait, dans la bagnole ! Mais lui, ça le faisait marrer… »

En fait, Johnny se comportait avec ses bolides comme un gosse qui vient de découvrir un nouveau jouet sous le sapin. Vassal en a eu la preuve, juste après le dix-huitième anniversaire de l’Idole des jeunes : « Ce jour-là, Noli [Jean Noli, grand reporter de France Dimanche, à l’époque, ndlr] et moi, on se pointe chez Johnny. Ça devait être en 1961, il vivait dans un hôtel près de la place Clichy.

On a à peine le temps d’entrer qu’il nous saute sur le poil : “Eh ! les gars, vous avez vu, en bas, la Triumph TR3 toute neuve ? Ben, c’est à moi !” Je crois que c’est Noli qui lui a demandé gentiment, histoire de s’intéresser, s’il en était content et comment elle était. Et, là, parce qu’il n’arrivait pas à trouver les mots correspondant à son enthousiasme, notre Johnny Hallyday s’est mis à mimer, et surtout à bruiter la conduite de son bolide, sa voix grimpant dans les aigus pour signaler les accélérations, rebasculant dans les graves pour les changements de vitesse, se mettant à couiner pour les dérapages sur l’asphalte, etc. Et – je vous jure que je n’exagère pas – ça a bien duré cinq minutes, tous ces “vroum-vroum” ! »

On l’a compris : dans ses années-là, Johnny au volant d’une voiture, c’est aussi « sécuritaire » qu’une grenade dégoupillée. Or, parfois, les grenades, ça explose et ça fait des dégâts. Je ne vais pas vous raconter tous les accidents de la star : ce journal y suffirait à peine !

Risque-tout

Mais la liste, dans sa sécheresse, est impressionnante et parle d’elle-même : en 1962, avec sa Jaguar type E ; en décembre 1964, au volant de sa Porsche ; en 1967, avec une Lamborghini Miura. C’est loin d’être tout : la Triumph dont nous venons de parler finira sa course contre un poteau téléphonique du Pas-de-Calais ; en 1963, Johnny « plie » quatre décapotables en deux mois ! L’année suivante, c’est une Ferrari de 7 millions de francs de l’époque, qu’il bousille juste devant l’Olympia !

Et il terminera la décennie, le 20 février 1970, en réduisant à l’état de ferraille une DS 21, entre Mulhouse et Belfort. Hélas, cette fois, il n’est pas seul : Sylvie Vartan est à la « place du mort », et passe à travers le pare-brise ! « Elle pissait le sang, elle hurlait qu’elle était aveugle ! », a raconté Jean Pons, l’impresario de Johnny, qui se trouvait, lui, sur la banquette arrière.

Sylvie paiera la folie de son mari de plusieurs mois à l’hôpital du Mont Sinaï de New York et de quelques opérations de chirurgie esthétique. Elle lui en voudra beaucoup. Mais, des rapports torturés entre ces deux amants terribles, nous reparlerons la semaine prochaine.

De cette longue litanie d’accidents, on serait tenté de croire que, lorsqu’il n’était pas au volant de l’un de ses bolides, Johnny était en sécurité : ce serait très mal le connaître !

« Se mettre constamment en danger était pour lui une façon d’être en vie et d’assouvir son besoin de liberté, analyse Vassal. En fait, il était habité dès le début de l’aventure par cette angoisse diffuse qui imprégnait la jeunesse d’alors, et qui allait exploser de la façon que l’on sait en mai 1968. De ce point de vue-là aussi, Johnny Hallyday était le symbole de cette génération. »

Mais un symbole « risque-tout », dangereux pour lui-même et pour ceux qui l’entouraient. On ne résiste pas au plaisir de raconter cette anecdote, dont Hugues Vassal ne peut se souvenir sans un petit frisson rétrospectif.

« Johnny devait chanter au Palais des sports de Lyon, me raconte-t-il. Comme c’était un gala important, Noli et moi avions fait le voyage depuis Paris. La petite bande arrive en avance et, comme on ne savait pas trop où aller en attendant l’heure du show, Lamour, le grand organisateur des spectacles lyonnais, nous fait entrer dans son bureau. Il y avait donc dans la pièce Noli et moi, Johnny bien entendu, Johnny Stark, Jean-Pierre Pierre-Bloch, plus deux ou trois autres que j’ai oubliés.

Et voilà Johnny qui s’installe au grand bureau de Lamour et commence à ouvrir les tiroirs les uns après les autres. Soudain, son visage s’éclaire d’un sourire de gamin gourmand quand, de l’un d’eux, il sort… un revolver ! Devenant instantanément le cow-boy qu’il rêvait d’être enfant, il se met à braquer l’arme vers les uns et les autres en rigolant et en faisant semblant de tirer.

Moi, je sens venir l’embrouille et je me mets à crier : “Fais pas le con, Johnny, fais pas le con !” C’est trop tard : le coup vient de partir ! Et si la balle a été se loger dans une moulure du plafond, c’est du pur hasard… en tout cas, ce n’est pas de la science du cow-boy ! »

Vassal me précise, que, dans le bureau, tout le monde était tétanisé, en réalisant ce qui avait failli arriver. Tout le monde mais pas Johnny, qui se marrait comme une baleine, ravi du petit effet qu’il venait de produire, même involontairement !

Inconscience ? Oui, sans doute un peu, évidemment. Mais également, et surtout, ce besoin vital d’évacuer le stress avant de « descendre dans l’arène » ; ce même besoin qui le pousse à lancer ses voitures à toute vitesse à travers la nuit…

Cela dit, si Johnny a montré cent fois qu’il était capable de défier la mort pour rien, juste pour se sentir en vie, il peut aussi le faire afin de rendre service à un ami. C’est ce qu’il a fait pour Hugues Vassal, un jour de février 1966, en Amérique du Sud.

« Après un début de tournée en Argentine [que nous avons évoqué la semaine dernière, ndlr], on s’est tous retrouvés à Rio de Janeiro… en même temps que de terribles inondations, se souvient le photographe. Moi, je commençais à flipper, car je n’avais rien photographié de valable, en Argentine, et je l’avais dit à Johnny Hallyday. C’est alors qu’il me dit : “Viens, on va aller le faire ton reportage…”

Et il nous entraîne tous là où les inondations étaient les plus impressionnantes : l’eau montait à raison d’un centimètre par seconde ! Ça ne l’a pas effrayé du tout : pour que j’aie des photos spectaculaires, il a foncé droit dans les incroyables torrents qui dévalaient toutes les rues avec de plus en plus de force. Tant et si bien qu’on a vite perdu le contrôle de la situation et qu’on a failli être engloutis !

Je revois très bien Johnny, ayant trouvé refuge in extremis sur le toit d’un bus et tenant Sylvie dans ses bras : elle avait l’air terrorisée, mais lui semblait s’amuser comme un petit fou ! Quant à moi, lorsque ma Coccinelle Volkswagen s’est soudain mise à flotter sur les eaux furieuses pour être entraînée comme un fétu de paille dans le tunnel de Copacabana, j’ai bien cru que je ne reverrais jamais Paris ! Mais enfin, j’avais mon reportage photo ; grâce à Johnny, qui, une fois de plus, s’était bien défoulé ! »

Malgré toutes ces folies, qui auraient pu le tuer vingt fois, l’angoisse continue de s’accumuler. La pression est si forte, sur les épaules de la star, qu’elle finit par ne plus pouvoir être évacuée. Et si vient s’y ajouter l’exténuante fatigue des tournées et des galas incessants, cela finit par former un cocktail dangereux. Dangereux et même… mortel.

« Je n’ai jamais vu Johnny se droguer, affirme Hugues Vassal, mais il est vrai que je n’étais pas tout le temps derrière lui non plus… Ce qui est sûr, c’est qu’en 1966, notamment au moment de la grossesse de Sylvie, il était à la fois exténué et déprimé. »

En réalité, pour pouvoir assurer tous les galas d’une interminable tournée d’été, le chanteur s’est mis à fréquenter un couple infernal :
alcool + amphétamines. De toutes sortes, les amphet’ : Ténédron, Corydrane (celle que prenait Jean-Paul Sartre à peu près à la même époque, lui aussi pour « tenir le rythme » de l’écriture), Maxiton, et d’autres.

Résultat : c’est un Johnny Hallyday « à la ramasse » qui, le 1er septembre 1966, s’envole pour Londres, où il doit enregistrer un nouvel album. Et, accessoirement, pour découvrir la nouvelle drogue à la mode chez les musiciens anglo-saxons : le LSD.

Lorsqu’il rentre en France, une dizaine de jours plus tard, l’artiste va si mal, que même l’insouciant Ticky Holgado (son ange gardien) commence à s’en inquiéter.

Il témoignera bien des années plus tard : « Quand Johnny est arrivé à Neuilly, j’ai bien vu que quelque chose n’allait pas. Il était “chargé”, défait, avec les pupilles dilatées. Un zombi. Il m’a dit : “Je monte me changer et on file à la fête de l’Huma” [où il devait chanter, ndlr]. Au bout d’une demi-heure, j’ai commencé à m’inquiéter. »

Ticky a raison de s’angoisser : lorsqu’il défonce la porte de la salle de bains fermée à clé, il découvre son ami inanimé sur la moquette rougie, deux petits geysers de sang giclant sporadiquement de ses poignets tranchés !

Un peu plus tard, parce que des fans scandent devant l’immeuble « Joh-nny ! Joh-nny ! », Ticky, Gill Paquet (son manager), averti aussitôt, et le médecin accouru dans l’instant devront passer par le parking souterrain et embarquer la star inanimée dans le coffre de sa voiture !

La convalescence du candidat au suicide va durer trois semaines. À l’hôpital Lariboisière, en dehors de Sylvie, Johnny n’accepte pratiquement aucune visite. Mais il fait exception pour notre tandem : Hugues Vassal et Jean Noli. Parce que les deux hommes sont pour lui bien davantage que des journalistes : de vrais amis, en qui il a confiance.

Moral

Et, de fait, Noli contribuera beaucoup à lui remonter le moral, l’aidera à « se reconstruire », ainsi que l’on jargonne de nos jours. « Il n’y a pas eu que Noli ou Gill Paquet dans ce rôle, me dit alors Vassal, tandis que nous évoquons cet épisode dramatique. Personne n’en a parlé à l’époque, parce que ça s’est fait dans la discrétion la plus absolue, mais celui qui a peut-être le plus fait pour remettre Johnny Hallyday sur pied, et surtout lui passer le goût de la récidive, c’est Eddy Mitchell. »

Eddy, le copain des années 50, celui de la bande de la Trinité ! Évidemment, lorsque lui-même s’est lancé dans le rock et la chanson, leurs liens se sont un peu distendus. « Ils se tiraient la bourre ! », résume le photographe en souriant. Il n’empêche que, face à un tel drame, Eddy a accouru.

« Il lui a tenu un langage “viril”, me dit Vassal, celui que Johnny était à même de recevoir. En gros, il lui a dit qu’un homme devait savoir affronter les coups durs de la vie, et que se suicider n’était pas une solution d’homme ! “Si tu recommences ce genre de connerie, t’es plus un mec et t’es plus mon pote !”, lui a-t-il asséné. »

Et Johnny Hallyday retiendra la leçon, il ne recommencera jamais. On peut penser que, à ce moment-là, dans cette chambre d’hôpital, à l’abri des regards, l’un dans son lit, l’autre sur une chaise, il n’y avait plus de Johnny et plus d’Eddy : simplement Jean-Philippe et Claude, les deux gamins de Paris.

Accident Johnny et Sylvie à Roppe

Un conduc­teur impru­dent


Ca commence fort. Le 17 octobre 1961, sa Triumph TR3 termine dans un fossé entre Boulogne-sur-Mer et Lille. Verdict, perte de connai­sance et entaille au visage.

En 1963 du côté de Modène en Italie, Johnny dérape sur un plaque de verglas et sa Ferrari grise se crashe contre un camion. Quatre ans plus tard, pendant l’été 1967, Johnny est au volant d'une Lambor­ghini 400 GT. A ses côtés, le photo­graphe Jean-Marie Périer. La veille, Hally­day a chanté à Saint-Tropez, et il n’a pas dormi. Il sort de la natio­nale 117, déra­cine un arbre, et finit dans le talus.

En février 1970, Sylvie Vartan est sa passa­gère dans la DS 21. Direc­tion Besançon, il grêle. Entre Mulhouse et Belfort, déra­page. Sylvie est grave­ment touchée : deux opéra­tions et quatre mois d’hô­pi­tal.

Malaises sur scène


En janvier 1985, Johnny s’écroule sur la scène du Zénith de Paris. Les méde­cins diagnos­tiquent une chute de tension due à de l'hypo­gly­cé­mie. Quelques années plus tard, en 1993, rebe­lote en Avigon, pendant Oh ma jolie Sarah!. Une perfu­sion de glucose plus tard, Johnny remonte sur scène. Contre l'avis du méde­cin, comme il se doit.

Une hanche malme­née
Au début des années 80 dans les dunes du Touquet, Johnny se blesse à la hanche. Quelques semaines plus tard, la même hanche est entaillée par un coup de hache pendant son spec­tacle « Le survi­vant ». Il est de nouveau opéré, et sa hanche le turlu­pi­nera toujours, jusqu’à très récem­ment.

 A force de porter sur son dos des guita­res..

Première alerte en 1995 pendant un concert à Caen ou une hernie discale est diagnos­tiquée. Il faut opérer. Résul­tat, un mois de conva­les­cence en 1996. En 2009, nouvelle hernie discale, nouvelle opéra­tion. Il s’en­vole tout de même pour Los Angeles, son état s’ag­grave et il est placé en coma arti­fi­ciel à l’hô­pi­tal Cedars Sinaï. Une fois de plus, il s’en est sorti.

Les conquêtes de Johnny Hallyday

Laeticia Boudou, Sylvie Vartan, Nathalie Baye, Adeline Blondieau... Mais aussi Karin Martin, Leah, Sabrina ou Betsy Farley. Retour sur toutes les femmes qui ont marqué la vie de Johnny Hallyday.

 

Johnny Hallyday et Sabina en Thailande le 29 Juin 1981

 

 

 

Johnny Hallyday et Gisèle Galande en 1987

Fin des années 80. Avant de rencon­trer Adeline Blon­dieau, Johnny Hally­day a bien failli se marier. Avec une jour­na­liste, que les fans du rockeur n'ont pas oubliée : Gisèle Galante. Une date était même arrê­tée, mais le chan­teur a mis fin à l'idylle avant le mariage.

Il était tombé sous le charme de la jour­na­liste Gisèle Galante lors d'une inter­view.

Au prin­temps 1987, Johnny Hally­day rencontre Gisèle Galante. Il s'est séparé l'année précé­dente de Natha­lie Baye, avec qui il ne s'est pas marié mais à eu une fille, Laura. Céli­ba­taire, il tombe amou­reux de la jour­na­liste, les rumeurs s'emballent, le couple vit de parfaits mois d'amour. Un mariage est prévu : ce sera pour le 15 juin 1988, juste avant l'été, pour profi­ter du soleil ensemble – comme ils aiment tant le faire.

Las, au dernier moment, Johnny Hally­day met fin à l'idylle. Pas de mariage pour Gisèle Galante. Le rockeur a l'habi­tude d'annu­ler ses fiançailles in extre­mis – il l'avait déjà fait lors d'un poten­tiel deuxième mariage avec Babeth Etienne, à qui il a préféré Natha­lie Baye. La jour­na­liste retourne alors à sa vie, loin des paillettes et des papa­raz­zis.

Johnny Hallyday et Gisèle Galande en 1987

Johnny Hallyday et Leah a l'Ile Maurice en Janvier 1989

 

 

 

Johnny Hallyday et Olga Barteneva

Johnny Hallyday et Olga le 15 Fevrier 1991

 

Johnny Hallyday et Karin Martin en 1993

 

 

Karine Martin et Johnny Hallyday en 1993

 

 

22. Janv., 2018

Biographie 1

22. Janv., 2018

Biographie 2

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Biographie 3

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Biographie 4

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Biographie 6

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Filmographie

6. Févr., 2018

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